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Zurich

Le ciel est triste, gris et chargé de gros nuage. Une fine pluie se dépose sur la peau nue de mes bras, et la brise vient caresser mes jambes. Difficile de croire que l’été bat son plein en ce milieu du mois d’août.

Le train entre en gare, me coupant de mes rêveries. Il serait erroné de penser que le voyage commence à l’instant. En effet, il est préférable de remonter quelques jours plus tôt, jeudi passé, tard dans la nuit, lorsque le cadran nous faisait déjà basculer au vendredi. Le voyage a commencé là, lorsque j’ai validé l’achat des billets d’avion.

Un fantasme : la Tanzanie. Un endroit qui m’a toujours fait rêvé sans pour autant que je songe à concrétiser réellement ce projet. Le Covid a bon dos pour le coup. Nous sommes à passer dix-huit mois depuis le début de la pandémie, et voyager reste toujours une épreuve, tant par la restriction des destinations que par les formalités demandées. Ayant un besoin pathologique de planifier et organiser les choses à l’avance, les conséquences du virus auront au moins eu l’effet de me détendre. Et c’est uniquement grâce à ça (ou à cause de) que je me retrouve à réserver des billets d’avion pour l’Afrique littéralement quatre jours avant le « grand » départ. Je lorgnais déjà la destination depuis deux semaines, tout en vérifiant les autres possibilités. Ces dernières sont faibles. Les USA sont fermés, l’Asie de manière globale aussi, la Colombie a refermé, l’Europe non merci… bref, combiné aux limitations basiques du style « C’est la bonne saison pour partir ? », la Tanzanie s’est révélé être un choix bien plus pertinent que prévu.

Petit tips à tous les voyageurs : réserver des vacances en Afrique moins d’une semaine avant le départ n’est définitivement pas une bonne idée niveau timing… et pour plus de conseils avisés, je vous invite à me contacter avec plaisir !

Trêve de plaisanterie, j’ai déchanté peu après en voyant qu’il fallait probablement le vaccin contre la fièvre jaune. Pourtant, j’avais vu précédemment que ce n’était pas obligatoire. Les informations qui défilent sous mes yeux sur le net se contredisent les unes après les autres. J’en conclus que ça serait moche d’être refoulé une fois sur place.

C’est ainsi que nous nous retrouvons le vendredi après-midi au service de médecine tropicale de l’hôpital cantonal de Genève. Il se trouve au troisième étage, sans aucun panneau d’indication, un peu comme s’il était caché et abritait pleins de secret. Réflexion complètement fantaisiste qui amène une pointe de déception en découvrant les étroits bureaux à l’extrême fond à gauche du service ORL. Ils auraient au moins pu mettre un palmier.

La conclusion est positive, pas besoin de la fièvre jaune. Nous recevons un papier en anglais pour éviter qu’on nous emmerde et faisons le vaccin de l’hépatite A qui semble être plus pertinent pour l’occasion. L’équipe nous prescrit également un traitement contre le paludisme, chose que je n’avais vraiment pas anticipé. Au final, le rendez-vous s’avère utile. En dernier préparatif, nous allons faire un test PCR qui est exigé pour l’entrée en Tanzanie. Ah, j’allais oublié. Le visa. Parce que oui, il en faut un, sinon ça ne serait pas drôle. J’avais vu quelques temps avant qu’il était possible de le faire sur site, mais préférable de le faire en ligne. Chose que nous faisons. Il est indiqué de le faire plus de cinq jours avant le départ… comment dire… au final nous recevons le papier en 48h. Efficace c’t’équipe !

Revenons en à notre train. L’avion partant depuis Zürich, cela nécessite de parcourir les trois heures et sept minutes qui séparent la gare de Nyon à celle des bourbines. J’aime le train. Autant par son bercement, que par la richesse des paysages qui défilent : trop rapidement pour s’accrocher sur un seul détail, et pas assez lentement pour s’en lasser.

Tout se déroule selon le timing prévu. Je suis particulièrement fatiguée, la faute à un cruel manque de sommeil cumulé ces derniers jours. Je suis frigorifiée et je sais que ce n’est pas uniquement dû à la météo extérieure. En route, je troque mon short contre mon « super nouveau pantalon de safari ». L’unique pantalon long du voyage, acheté quelques jours plus tôt chez Décathlon. Il est si léger que je continue d’avoir froid, et a le pouvoir d’évoluer en short grâce à des fermetures éclaires. Bref, ça me donne la sensation que je vais partir travailler aux champs.

L’impression que mon sac à dos est vide se confirme à l’enregistrement des bagages. En effet, je trouvais sa forme ridiculeusement pauvre avec un espace d’au moins dix centimètres, voir plus ou moins deux à huit centimètres de marge (je n’ai aucune notion des distances), sur le dessus du sac. Avec ses 7,2 kilos, fourre comprise, il a perdu en tout cas deux à trois \240kilos par rapport à notre dernier voyage au Costa Rica. Je me demande bien ce que j’ai pu oublié ! En tout cas, j’ai toutes mes culottes (Petit clin d’œil à ceux qui avaient suivi mon voyage en Israël où je les avais oubliés !).

Nous rejoignons la porte d’embarquement en empruntant le petit métro de l’aéroport de Zurich. Il est unique, puisqu’il diffuse une jolie musique en mode Heidi, cloche et meuglement de vache compris, tout en faisant défilé des paysages suisses sur plusieurs écrans extérieurs. Belle performance.

Nous voyageons avec Qatar Airways, une excellente compagnie qui fait la différence par ses nombreux détails et sa qualité supérieure de manière globale. L’A350 quitte le tarmac avec son imposante structure à 16h30. L’avion est loin d’être complet. Je m’emmitoufle sous la couverture, collée contre la vitre et lance un film. Nous dégustons notre première bière du voyage et mangeons un excellent repas accompagné même d’une mousse au chocolat. Les cinq heures trente de route aérienne jusqu’à Doha file à vitesse grand V.

Nous atterrissons à 23h00, heure locale, soit une heure de plus que chez nous. L’aéroport de Doha est magnifique. En revanches, impossible de trouver une goutte d’alcool. Le temps de l’escale est d’une heure et quarante minutes.



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Dar es Salam

Le géant métallique quitte le tarmac de Doha un peu avant 2h00. J’entame un film \240et j’y coupe court trente minutes avant la fin. Je sombre alors dans un profond sommeil. Je suis réveillée une première fois lorsqu’ils rétablissent la lumière pour servir le petit-déjeuner. Non merci. Je pars à nouveau dans les bras de Morphée et tente plusieurs fois de m’en extirper sans succès. Le trajet est bien trop court, et seul les roues de l’avion se posant sur le bitume de Dar es Salam me poussent à ouvrir et garder les yeux ouverts.

Il est 7h10 heure locale, le trajet a duré environ cinq heures. Dehors, nous sommes accueillis par du brouillard. Merde alors. La rosée matinale finit de couvrir les hublots et nous n’en verrons définitivement pas plus pour le moment. J’ai toutes les peines du monde à m’extirper de mon cocon chaud sous la couverture. Je marche en frissonnant et constate que les choses ont peu changé depuis bientôt 24h.

En arrivant en Tanzanie, nous aurions aimé se faire accueillir avec un cocktail (ou autre alcool, nous ne sommes pas si pénibles). En revanches, le test rapid Covid obligatoire à 7h30, est un peu violent. Dire qu’ils sont bien organisés est un bien grand mot. Disons qu’au vu du nombre de passager ça avance doucement, mais sûrement. L’homme qui réalise mon test frotte à peine le bord de mes narines, tout en répondant à un WhatsApp juste avant et après. Le test coûte dix dollars par personne ce qui reste acceptable. Nous sommes ensuite rangés dans une salle d’attente. Avec tout ça, cela fait déjà une heure que nous avons atterri, et nous avons à peine parcouru plus de dix mètres. Nous sommes encore loin d’avoir récupéré nos sacs à dos, et encore moins d’avoir passé l’immigration.

Un homme, aux prémices de la salle, se tient debout avec une liasse de papier et crie les noms de chaque personne pouvant récupérer son précieux sésame. Ça manque un peu d’ambiance. Juste une musique de fond et quelques applaudissements et le décor serait vraiment planté.

Nous arrivons au bout de nos peines à 9h10, en ayant survécu à l’immigration avec nos visas déjà tout prêts et après avoir récupéré nos bagages. Il faut dire que globalement les gens sont souriants, polis et ça, ça fait plaisir.

Mon ventre se réveille et gronde. Nous trouvons un café dans le hall de l’aéroport et attaquons avec croissant et bière. Nous ne sommes pas si mal.

Aujourd’hui est la journée la plus longue et la moins intéressante. En effet, nous devons nous rendre près d’Arusha dans le nord de la Tanzanie pour la fin de journée. Notre vol repart depuis Dar es Salam mais uniquement à 15h. En attendant, nous décidons de rester sur site et d’éviter la grande ville qui a peu d’intérêt et qui peut s’avérer dangereuse pour deux touristes blancs en backpack.

Sous conseil de la serveuse nous testons une deuxième bière locale, la Safari Lager, qui s’avère être bien meilleure que la première. Nous profitons également de sortir de l’aéroport pour prendre l’air. La température est agréable et l’humidité est minime. Pas un pet de soleil. Nous nous installons sur un banc et je m’endors en moins d’une minute, comme une clodo. Je suis réveillée peu de temps après par la pluie qui s’abat sur nos tronches. Comme quoi, entre la Suisse et l’Afrique il y a peu de différence.

Nous avons atterri ce matin sur le terminal 1 et notre prochain vol se trouve sur le terminal 2. Autant le premier était architecturalement propre bien qu’un peu vide, autant le second nous téléporte directement au tiers-monde. Il y a des balances en face des guichets afin de peser les bagages, aucun tapis roulant, et derrière la bâche plastique noire, nous apercevons directement le tarmac et les avions en live. Il est 12h30 et il est visiblement trop tôt pour faire l’enregistrement. L’endroit est désert avec ces cinq guichets qui se courent après. Je m’installe en PLS sur les bancs et m’endors aussitôt. Je suis décidément un puit sans fond de sommeil. Lorsqu’Aurélien me réveille l’unique guichet a ouvert ses portes. Mon dieu, nos billets sont rédigés à la main devant nous ! \240Jamais vu ça. Nous laissons nos bagages entassés avec les autres juste devant le comptoir. Tout va bien se passer… ou pas. Nous passons, pied nus, le seul poste de sécurité pour arriver devant sept « boarding gates » collées les unes à côté des autres. Aurélien prend le risque de grignoter une morce au « Air Café » où ils se tiennent à huit derrière un comptoir pour le même nombre de client.

Le vol aurait dû partir à 15h00. Alors que le tableau affiche toujours « on time » et que l’heure est dépassée, nous nous interrogeons. Notre transport a visiblement du retard et le temps exact de ce retard est imprécis. C’est plutôt ironique lorsque que nous lisons le nom de la compagnie : Precision Air. Je suis toujours gelée dans l’aéroport alors que les climatisations tournent à plein tube. Je m’enroule dans une couverture piquée à Qatar Airway et sombre à nouveau dans le sommeil non sans avoir un filet de bave collé autour de ma bouche. Heureusement qu’il y a le masque pour cacher cette horreur.

Notre patience s’amenuise au fil du temps qui s’écoule. Aurélien fait les cents pas guettant l’arrivée du géant metallique, tandis que je grelotte sur le banc. Il est 17h30. Cela fait donc 2h30 que nous aurions dû quitter la ville. Cela fait plus de 24h que nous voyagions et au-delà de ça, j’ai surtout peur que nous soyons coincés ici, à Dar es Salaam pour la nuit. Au loin, la soleil flirte déjà avec l’horizon.

Je craque et achète un paquet de chips, j’ai juste avalé un croissant ce matin et rien d’autre depuis hier soir. Finalement, ils suppriment notre vol et nous font monter dans le vol suivant pour Kilimandjaro. Le tout sans nous prévenir à l’avance. L’avion est petit, a des airs archaïques et semble peu entretenu. Une fois dans le petit habitacle, l’hôtesse de l’air nous dit que c’est « free sitting ». Ça je ne l’avais encore jamais vécu ! Nous quittons la ville à 18h45 pour atterrir une heure plus tard à bon port. Même nos bagages suivent !

Depuis vendredi je suis en contact via WhatsApp avec un homme sur place pour l’organisation d’un safari. Honnêtement, j’avais moyennement confiance, mais difficile de faire autrement, d’autant plus avec le temps court entre notre réservation de billet et le début du voyage. Nous avons versé un acompte de 50% du montant initial.

J’ai eu un premier soulagement lorsqu’il m’a envoyé un message pour me dire que le chauffeur nous attendait sur place… sauf qu’à ce moment-là, nous étions encore loin d’avoir embarqué. Je nous estime déjà chanceux d’avoir pu finalement avoir ce vol. Arusha se trouve à 11h de route de la ville où nous avons atterri. Disons que ça aurait été compliqué !

En sortant du minuscule aéroport, j’aperçois la pancarte avec mon nom dessus. Je suis si contente que j’en verserais presque une larme. Un visage amical, un grand sourire, un check du coude (covid oblige) et nous voilà bien. Le chauffeur, Lucas, me passe son téléphone. A l’autre bout du fil se trouve Edward, mon contact depuis vendredi. Il me donne les instructions pour la soirée : manger, se doucher et surtout ne rien faire d’autre. L’idée me plaît.

Une heure de route nous sépare jusqu’à l’hôtel, le Tulia Hotel, que nous n’avons pas choisi. Dehors il fait nuit noire. Les températures sont fraîches et je commence à me demander si j’ai pris assez d’habits chauds. Et je crois que j’ai déjà la réponse à cette question.

Je me colle à la vitre en devinant plus que voyant le paysage qui défile. La circulation se fait à gauche ce qui est légèrement perturbant. La conduite de nuit ne semble pas très « safe » au vu du nombre de personne qui roulent à vélo ou marche sans habits réfléchissants ou autres choses qui pourraient les distinguer. Certains n’ont même pas de phare en moto. Le chauffeur est sympa et nous fait la discussion durant le trajet. « Non, en Suisse on ne parle pas anglais. Et non l’Espagne n’est pas collée à la Suisse. » En même temps, au vu de nos connaissances géographiques sur l’Afrique je pense que nous pouvons difficilement critiquer.

Il est aux alentours de 21h00 lorsque nous arrivons à l’hôtel qui a un aspect plus que correct. Nous nous retrouvons à la terrasse du restaurant et commandons deux steaks au poivre. Ils sont délicieux. En revanches, l’air est vraiment frais et la brise m’arrache des frissons toutes les trois secondes.

Après mangé, direction la douche qui ne paie pas de mine. Pourtant, l’eau est brûlante et la pression étonnamment puissante. Je suis aux anges. Il ne faut jamais sous-estimé le pouvoir d’une bonne douche.

La vue en arrivant…

Les magnifiques peinture sur les murs du Terminal 1

Le Terminal glauque 2

Au bout de ma vie sous ma couverture de mamie


Demain, ainsi que les prochains jours seront chargés. Nous préparons nos affaires et allons nous coucher aux alentours des douze coups de minuit.

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Parc national de Tarangire

L’alarme déchire le silence de la chambre et me tire de mes rêves. Il est 7h30. J’ai dormi comme une masse. Je craignais de ne pas réussir à dormir au vu de mes multiples siestes de la veille. Rien du tout, je me suis endormie en quelques minutes et j’aurais pu dormir encore plusieurs heures si on m’avait laissé le choix.

Nous finissons de préparer nos sacs, partons déjeuner, même si pour moi cela se résumera à une petite banane. A 8h30, nous sommes prêts devant l’hôtel. Le bruit d’un moteur rugit et je distingue une énorme jeep qui entre dans la cour intérieur. Je suis toute excitée ! Nous rejoignons deux autres couples, dont deux jeunes français et deux jeunes luxembourgeois. Le safari que j’ai réservé se déroule en anglais, comme la plupart des exercursions. Les possibilités sont bien plus grandes lorsque nous maîtrisons un minimum la langue de Shakespeare

Nous découvrons la vie autour de nous. Il n’y aucun doute, nous sommes bien en Afrique. Les motos et vans sont omniprésents. Les rues sont animés. Les baraques tiennent tant bien que mal à coup de taule, de brique et de décoration à base de vieux pneus. Notre guide s’appelle Frank, il est peu bavard. Nous faisons un stop dans un petit supermarché qui a littéralement cinq étagères et probablement pas beaucoup plus que vingt produits différents. Le second arrêt nous est destiné afin de retirer l’argent. En effet, nous devons payer le reste du safari et n’avons pas retiré assez de cash. La monnaie locale est le Schilling. 11’000 schilling correspond à 4 CHF. Autant vous dire que pour payer 700 CHF, c’est assez folklorique. Nous tentons de retirer 2’000’000 au distributeur. Mon dieu, j’en ris aux larmes. Mon porte-monnaie ne se ferme même pas et il n’y a plus de place pour rajouter un billet. A savoir que le distributeur crache seulement des billets de 10’000. Je vous laisse faire le calcul.

Petit à petit les villages cèdent leur place aux terres arides. Nous apercevons quelques troupeaux de vaches rachitiques qui marchent au bord des routes. Une femme avec une charge importante sur la tête accompagnée de deux ânes chargés, à juste titre, comme des mulets. Et un peu plus loin, sur les terres, des Massaïs avec leurs bétails. Waouh ! Nous sommes à peine partie et le dépaysement est total.

Dehors le ciel est gris et laisse apercevoir de temps en temps le soleil. La température était très fraîche ce matin. Au point que j’ai toujours mon pantalon long et ma veste. Je suis vraiment étonnée, même en Suisse j’ai moins froid.

Le bercement de la jeep a raison de moi et je m’assoupis. J’ai définitivement encore besoin de sommeil. Je sursaute lorsque le véhicule quitte la route goudronnée. Nous sommes en plein milieu de la cambrousse sur des gravillons. Bétails, enfants, massaï. Les rares maisons sont bien plus délabrées que les précédentes.

Nous atteignons le parc national de Tarangire à 10h45 et je trépigne d’impatience. Sensation qui est augmenté lorsque j’aperçois les Jeeps autour de nous. Nous allons vraiment faire un safari. Je peine à y croire.

Nous effectuons une courte pause afin de passer aux toilettes et de déplier le toit de la Jeep. Cela va nous permettre de se mettre debout pour observer la faune.

A peine quelques mètres après notre entrée au parc, nous apercevons deux phacochères (ou deux Pumbas pour les intimes) qui broutent tranquillement. Ils se positionnent les fesses en l’air et s’appuient sur leurs pattes avants. Plus loin, des gazelles, des zèbres et des gnous ! Sans deconner, nous venons à peine d’arriver et les animaux sont là à profusion, je n’arrive pas à y croire. Une gazelle nous fait même un magnifique saut juste devant la Jeep.

Et là, juste sous un énorme baobab, deux lionnes ! Les gros chats sont sur le dos, les quatre fers en l’air en pleine sieste. Nous en verrons aussi un peu plus loin, deux femelles à l’ombre d’un arbre juste à quatre mètres de nous.

Difficile à dire dans quel ordre nous avons vu les animaux tellement qu’il y en avait !

Les troupeaux de gnous, zèbres et gazelles sont vraiment impressionnants. Il y en a des centaines qui s’étendent sur la plaine de la savane. En second plan, majestueuse, une giraffe se déplace et se détache des autres quadrupèdes. C’est magique, et ce mot n’est pas encore assez fort pour décrire ce que nous voyons. La Jeep s’arrête et nous profitons du son des herbivores qui broutent, ainsi que du chant des oiseaux. En parlant de ces derniers, nous découvrons le Super Starling, un petit oiseau aux couleurs surprenantes composés de bleu et violet.

Je garderais toujours en mémoire les courses de phacochères. J’adore ! Ils \240courent vraiment vites et mettent la queue en l’air, comme une antenne qu’on arrive à suivre au-dessus des hautes herbes.

Le guide nous avait prévenu que le parc était le paradis des éléphants. Il n’avait pas menti. Rapidement nous croisons une grande famille composés d’au moins quatre adultes et de plusieurs petits. Waouh ! Je suis vraiment impressionnée. La femelle arrache vigoureusement l’herbe sèche, se gratte avec et enfourche le tout dans sa gueule. Deux éléphanteaux jouent ensemble et mettent leur tête l’une contre l’autre. Ce sont des animaux si paisibles. En arrière plan, nous avons juste le bruit de la nature : le son des insectes et des oiseaux.

Un peu plus loin, nous nous retrouvons au bord d’un petit lac. Un éléphant mâle et son bébé nous font l’honneur d’un spectacle magnifique : la baignade ! Le mâle rempli plusieurs fois sa trompe d’eau. Tantôt pour la boire, d’autres fois pour la mettre en gueule et la recracher (ce qui nous fait beaucoup rire) ou encore pour s’asperger dans tous les sens. Nous avons une chance inouïe d’être témoin cette faune. Quand j’imagine que ces géants sont menacés ça me rend dingue. Comment peut-on être aussi cruel ?

Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que nous restons à distance des animaux. Nous restons sur les chemins et les observons de loin, ou de près selon le désir des poilus et compagnies. Le moteur est éteint dès que nos sommes arrêtés. Les animaux ne semblent pas le moins du monde dérangés ou perturbés par notre présence. Je suis aussi soulagée de voir que ce n’est pas trop du tourisme de masse. Notre équipe est composée de six personnes ce qui restent clairement convenables. Autant au début du parc nous étions plusieurs Jeep à entrer en même temps, autant au fur et à mesure les véhicules se distancent, prennent des chemins différents, et nous pouvons régulièrement observé des animaux seuls, ou avec une ou deux Jeep de plus.

De temps en temps, au milieu de la savane qui s’étend à perte de vue, nous apercevons une silhouette particulière et unique : une autruche. Nous avons l’occasion de voir des mâles et des femelles, mais elles ne sont généralement pas en groupe. Nous en voyons une « en position de la poule » ce qui me fait beaucoup rire. J’aime bien ces gros oiseaux imposants qui se déplacent avec leur démarche caractéristique.

Il est 13h00 lorsque nous faisons une pause pique-nique sur une aire prévue à cet effet. Nous avons chacun droit à un carton avec de la nourriture dedans : un sandwich de légume, un morceau de poulet, un wrap non identifié, un œuf, une banane, un muffin, des biscuits et un jus de fruits. La nourriture est très bonne et cale correctement. La place où nous nous trouvons offre une vue incroyable sur la Tarangire River qui est tarie plus qu’autre chose. Le ciel se dégage peu à peu. J’ai cessé d’avoir froid et j’ai transformé mon pantalon en short.

Après cette pause, nous sommes repartis. Rapidement, nous tombons sur un babouin assis au pied d’un arbre que je suis la seule à repérer. Ses copains sont perchés dans l’arbre au-dessus de nos têtes

Nous avons sympathisé avec le reste du groupe. Les deux luxembourgeois se sont pliés au nombre et parlent français à défaut de l’anglais. C’est toujours la lotterie avec les excursions. Étant donné que nous allons passé quelques jours avec eux, je pense que ça aurait pu être bien pire.

Nous avons l’honneur, le privilège et la chance de tomber sur une maman guépard et ses trois « petits » déjà grands. Ils sont tranquillement étalés sur la berge, à côté de l’eau. Une proie décortiquée gît à leur côté. Je sais que ça peut être rare d’en voir, et je profite de ce moment à sa juste valeur. Nous restons un bon moment à cet endroit, mais les félins ne bougent pas d’une oreille.

Nous sommes devenus pro photo avec Aurélien. La faute à de nombreux essais au Costa Rica. C’est donc nous qui sommes chargés de faire les plus belles photos à travers les jumelles. Et ça marche !

Le soleil cogne et le souffle produit par le déplacement de la Jeep nous soulage et produit une climatisation naturelle. Nous faisons un stop sur un autre lac. Un spectacle magique encore une fois. Ce qui me plaît le plus, au-delà de voir une sorte d’animal, c’est de les voir tous réunis. Et c’est ce qu’il se passe au bord de l’eau. Les phacochères courent avec leur queue en satellite et se jettent à l’eau pour un bain bien mérité. Les zèbres s’alignent les uns à côté des autres se distinguant par leurs rayures uniques, et boivent tranquillement sans se laisser perturber. Au milieu du lac plusieurs éléphants s’y baignent profitant d’asperger leur cuirasse d’eau et de boue. En arrière-plan, une antilope passe, juste comme ça, avec ses cornes magnifiques qui pointent vers le ciel. Et juste devant nous, en premier plan, un oiseau. Mais pas n’importe lequel. Une spatule ! Du moins c’est le nom que nous avons retenu du guide. Et j’avoue rire à chaque fois que j’entends ce nom (ce que je fais en l’écrivant). Ce dernier lui a été attribué au vu de son bec qui forme en effet une spatule. Accoudée à la Jeep, j’admire cette symbiose de la nature et d’un coup, tout le reste perd son importance.

Nous quittons le parc vers 16h00. C’est la même heure où les écoliers quittent les bancs d’école, pour ceux qui ont la chance de s’y rendre, afin de rentrer à la maison. De retour sur la route, je m’endors un moment, et Aurélien me raconte que plusieurs enfants avaient des serpents au bout d’un bâton pour les afficher en trophée vers les voitures. Ça me parait tout de suite moins chou. Je n’observe rien de tel lorsque je reviens à moi. Juste pleins d’enfants, des bonbons en chocolat comme ma maman les appelent, qui nous saluent en passant. Certains d’entre eux portent des charges franchement impressionnantes. Les enfants des pays riches n’ont aucune idée de la chance qu’ils ont.

Nous arrivons vers 17h30 à l’endroit où nous allons passer la nuit. Le nom ne correspond pas du tout à celui que nous avait donné l’agence. Nous avons réalisé dans la journée que nous avions tous une agence différente, avec des prix différents, et des logements différents. Au final, nous nous retrouvons tous au même endroit à faire les mêmes choses.

Bref, à l’origine nous nous attendions à dormir en tente, et ce n’est pas du tout le cas. Nous avons chacun droit à une chambre avec salle de bain. Certes, le luxe est loin d’être l’invité de la pièce, mais ça fait clairement le job et je préfère clairement ça à une tente. Aussitôt les affaires posées que nous nous dirigeons vers le bar. Nous commandons une bière, puis les français se joignent à nous. Les deux sont bien plus jeunes que moi. Nous partageons nos histoires qui nous ont mené jusqu’ici. Eux ont carrément pensé à acheter une carte SIM, chose que je n’ai jamais faite, encore moins pour deux semaines. Ceci dit, ce soir nous n’avons pas de wifi, et probablement que nous n’en aurons pas les prochains jours. En soit, cela ne me dérange pas, bien que j’aurais aimé partagé mon histoire en live. Au-delà de ça, ce qui est plus problématique c’est que nous n’avons aucunement réservé la suite du voyage et rien ne va se faire depuis ici en tout cas.

Nous commandons une deuxième bière, en offrant une à nos camarades de fortune et rejoignons la « salle à manger » à 19h00 avec tout le groupe. Ils nous servent une soupe de carotte et gingembre qui est délicieuse. La suite du repas est constitué de patate ou nouille, de bœuf et de légumes. En dessert, nous avons droit à des ananas frais. Nous discutons ensemble après le repas et vers 20h10, tout le monde est fatigué. J’ai l’impression qu’il est 23h00. Nous rentrons prendre une douche qui est bien plus bancal que celle de la veille. Nous sombrons peu de temps après dans les bras de Morphée.


Le départ !

La liasse impressionnante

En route en direction du parc

Notre Jeep

Nos premiers animaux ! Des phacochères

Les zèbres se croisent afin de tromper ses prédateurs

Tarangire River

L’organisation au top

La spatule !!!!

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Plaine du Serengeti

Il est 1h00 lorsque j’ouvre les yeux la première fois. Au début je pense que c’est le matin, erreur. Je crois qu’en premier lieu, c’est le vent qui me réveille et le bruit des feuilles qui râpent contre le sol. Est-ce qu’il pleut ? Non, ou du moins je n’entends pas le son de la pluie. Il est possible que je me sois endormie à nouveau puisque quand je me réveille la deuxième fois, il est 2h00. Cette fois, c’est à cause de plusieurs personnes qui parlent très forts et qui rient à gorge déployés à quelques mètres à peine de notre chambre qui est loin d’être isolée d’une quelque manière que ce soit. J’ai l’impression d’avoir tous ces gens directement dans mon lit. Alors que dans ce dernier, il y a juste Aurélien qui ronfle. C’est agaçant d’être la seule à ne pas dormir. Je ne comprends même pas comment c’est possible de rester endormi avec tout ce bruit.

Après plusieurs dizaines de minutes où je me force à sombrer, j’entends une porte qui claque. Je souris. Un de nos camarades a dû perdre sa patience et j’imagine déjà qui c’est. Les paroles se font plus étouffées et la porte claque à nouveau. Il a réussi sa mission. Bien que ça soit loin d’être parfait, je réussis finalement à m’endormir.

L’alarme de 7h30 pique un peu. Nous fourrons nos affaires dans nos sacs à dos. Je tresse rapidement mes cheveux, ce qui sera sans doute bien plus pratique avec la poussière et le vent qui les emmêle.

A 8h00, nous retrouvons tout le monde pour le petit déjeuner composé de crêpe , saucisse, fruits et biscuits. Je m’abstiens, me contentant de boire un thé du Kilimandjaro. Ma gorge me pique et me gratte. La faute à la climatisation de l’aéroport et à la poussière de la veille. Nous débriefons sur la nuit et je constate que j’avais raison, c’est bien le luxembourgeois, Edgar, qui a été gueulé contre ceux qui faisaient du bruit.

Nous prenons la route à 9h00 en direction du célèbre parc du Serengeti. Le nom vous dit quelque chose ? C’est celui où se déroule l’histoire du Roi Lion ! Je suis clairement impatiente. Nous quittons notre logement de fortune et traversons le petit village où nous étions pour la nuit. Des locaux mettent en place leur marché, d’autres nettoient le devant de leur maison, et des petits troupeaux de biquettes trottinent de part et d’autres de la route. J’adore. Nous passons à côté d’un parc national et Frank, notre guide, nous explique qu’il arrive souvent que des babouins se promènent sur la route et même parfois des éléphants. Je souris en imaginant la scène complètement atypique.

Petite couille dans le potage en route, lorsque notre contact à l’agence, Edward, nous contacte à travers Frank. L’histoire est incompréhensible, à travers un vieux Nokia et en anglais. Nous comprenons juste qu’il s’agit d’argent ce qui a le don de rapidement me foutre les nerfs en pelote. En gros, il nous demande de payer de l’argent aujourd’hui par carte. L’histoire s’éclaircit lorsque, grâce à Lucas, je peux me connecter sur WhatsApp avec le partage de connexion. En résumé, le mec a un problème avec sa banque et n’arrive pas à payer nos entrées pour le parc alors nous devons avancer 380 dollars qu’il nous remboursera (peut-être un jour) samedi si tout va bien. Ça me fout en rogne. Je lui fais bien comprendre que ses problèmes ne sont pas les miens et qu’il doit se débrouiller. L’issu reste que nous devons payer, mais notre guide est de notre côté et je pense qu’il veillera à ce qu’on récupère notre argent.

Nous arrivons devant le parc de Ngorongo à 10h30. Dehors le ciel est nuageux et une pluie fine maquille le paysage. Un chemin de terre s’ouvre devant nous et de part et d’autre se trouve une végétation verte et luxuriante. Rien à voir avec la savane aride que nous avons vu la veille au Tarangire parc. Un épais brouillard accompagne notre route. Impossible de distinguer au-delà de trois mètres devant nous. La route nous secoue dans tous les sens, il y a plutôt intérêt à n’être pas malade en voiture. J’ai enfilé ma petite laine et grelotte au bord de la fenêtre. Les températures ont chuté depuis notre arrivée à Ngorongoro. Après trente minutes de route, nous apercevons deux zèbres qui se détachent difficilement dans la brouillard. Improbable. Je ne les voyais pas évoluer dans ce genre d’endroit.

Frank finit par avoir raison du mauvais temps et en continuant de grimper, nous découvrons le ciel bleu. Nous laissons la jungle derrière nous et tout autour \240il y a des étendues d’herbe joliement vertes. J’ignore à quelle altitude nous nous trouvons, mais clairement les paysages sont plus montagneux qu’autre chose. C’est assez drôle de voir des vaches brouter et juste à côté un troupeau de zèbre. Un joli rappel du pays où nous nous trouvons. Aurélien vérifie sur son téléphone, et nous sommes visiblement à 2500m d’altitude.

Nous commençons à descendre, et la plaine qui s’offre à nous est incroyable. De l’eau stagnante forme un immense lac en son centre. Frank nous explique que l’eau provient uniquement de la pluie lors de la saison humide. Je comprends mieux pourquoi nous avons fait un arrêt pour vérifier la pression des pneus avant de partir. La route est vraiment chaotique. Ce qui finit le plus par me déranger ce n’est pas tant la route en elle-même ou la durée, mais juste les vibrations du véhicule qui se répercutent sur ma vessie. Ça devient intenable.

Par chance, nous faisons une pause pour observer un monument de l’Homo Sapiens et l’Homo Erectus. Nous sommes au milieu de la cambrousse. Nous demandons des toilettes et Frank rit en disant que ce sont des toilettes locales. Nous y partons à trois pour découvrir quelques mètres plus loin un petit cabanon. Trois bouts de taules à la verticale, le toit en décapotable et quelques bouts de planche pour cacher la fosse dessous. En son centre, le trou. Lorsque je vois les toiles d’araignée accrochée par je-ne-sais-quel-miracle, non merci. Nous tranchons pour le pipi en pleine nature, cachés derrière le fameux cabanon avec en vue la savane qui se perd devant nous.

C’est reparti ! J’avoue que nous commençons tous à perdre un peu patience. La Jeep roule parfois à 10-20km/h ce qui n’aide pas à améliorer notre progression. Il est déjà 13h00, et nous sommes partis il y a quatre heures de temps. Honnêtement, je me demande pourquoi nous ne sommes pas partis plus tôt. Nous ignorions tous la longue route qui nous attendaient. Mais pourquoi partir aussi tard quand le soleil se lève aussi tôt ?

A 13h15, nous apercevons enfin la porte d’entrée du Serengeti. Nous poussons un soupir de soulagement et faisons un arrêt pour faire quelques photos. Le premier kilomètre après l’entrée est complexe puisque deux Jeeps ne se croisent pas. Autant dire que c’est un micmac pas possible. Ensuite le sentier s’élargit. Je ne vois pas le bout devant nous, et autour de nous l’immense pleine s’étend à perte de vue.

Je retrouve le sourire dès que nous tombons sur quelques phacochères qui prennnent un bain de boue au bord de la route. Et lorsque nous passons, ils courent, la queue en l’air et là, je suis comblée ! Nous tombons ensuite sur deux sortes de gazelle. La grande gazelle et la gazelle de Thompson. La différence entre elles, sont leur taille et la gazelle de Thompson a une bande noir sur les deux flancs.

Je repère un mouvement dans les herbes que je pointé du doigt. Ce sont deux chacals ! Ils font la taille de nos renards. Apparemment, il est assez rare d’en voir et j’avoue être fière de ma trouvaille.

Nous arrivons à l’air de pique-nique à passer 14h00. Nous commencions vraiment à avoir faim. Le repas est similaire à celui de la veille. Cette fois, il y a même du wifi. Cela me permet d’avancer sur la suite du voyage, car nous n’avons encore rien réservé et on va se retrouver samedi soir à n’avoir rien du tout. Je réserve d’abord nos billets d’avion et j’arrive encore à me tromper d’heure. J’avoue être crevée et je pense que je commence à tomber malade ce qui n’aide vraiment pas. Bref, avec ma tête en pastèque je réussis à changer le vol et je m’occupe ensuite de réserver l’hôtel pour samedi soir. Le tout en un temps record. Bref, je suis contente d’avoir au moins pu effectuer ça.

Nous reprenons la route à travers le parc. Vraiment rien à voir avec celui de la veille. Il est vraiment vraiment vraiment trop grand. Ils nous faut parcourir beaucoup de kilomètres avant de pouvoir espérer voir un animal. Dehors, c’est couvert et je commence à avoir froid à nouveau.

Après une heure de route en ligne droite, où nous avons aperçu uniquement quelques gazelles, nous voyons enfin un animal nouveau ! Une hyène solitaire dans les hautes herbes. Nous tombons ensuite sur la marre à hippopotame ! Il y en a au moins sept dans un petit bout d’eau. Nous avons le droit à un bâillement de monsieur Hippo, leurs dents sont impressionnantes.

Nous partons ensuite sur un petit chemin de terre où nous avons la chance d’observer trois lions mâles. Ils font la sieste. L’un d’entre eux est sur le dos, exposant tranquillement ses attributs. Il y a une autre jeep avec nous. Notre guide discute avec l’autre et ils décident de braver les interdits. Ils roulent sur l’herbe afin de se rapprocher des lions tout en restant assez loin pour ne pas les déranger. Cela nous permet de prendre une jolie photo. Les deux guides risquent gros et pourraient prendre une amende salée.

Nous voyons encore des hippopotames à chaque point d’eau. Sur un de ces derniers, nous apercevons deux crocodiles ! Ils ont l’air bien plus petits que ceux vu au Costa Rica.

Ensuite, nous arrivons à un endroit où quatre lionnes s’y trouvent, en PLS ou les quatre fers en l’air. Elles sont juste à deux mètres de la Jeep ! Nous apercevons une oreille de lionceau dans les hautes herbes, mais pas moyen de voir plus. Nous y restons un long moment et les choses finissent par bouger ! Il y a quatre lionceaux. La maman se met à faire téter ses petits, puis ils font une séance câlin, nettoyage et jeux. Juste waouh ! J’ai les yeux qui pétillent. C’est tout ce que j’ai toujours rêvé de voir quand j’étais petite et que je regardais la chaîne « animaux ». C’est plus beau que tout ce que j’avais imaginé. Nous avons vraiment de la chance.

En partant du spot au lion, nous tombons sur une troupe de mangouste qui nous coupe la route. J’étais persuadée que c’était des suricates, mais visiblement pas. Quoiqu’il en soit, les petits mammifères courent autour de la jeep, se mettent sur leurs pattes arrières et font tout un tas de petits sons aigües. C’est génial.

Sur le chemin jusqu’au camp, deux petits oiseaux, assez proche des moineaux de chez nous, se posent sur la Jeep. Ils chantent et restent accrochés au rétro. Nous parcourons presque un kilomètre avec les piafs embarqués avant qu’ils ne daignent s’envoler.

Il est 18h00 lorsque nous arrivons au campement qui se trouve au milieu du parc. Je souris en voyant les dizaines de tente déjà prêtes sur le terrain. Je n’ai jamais fait de camping. Non pas que j’en ai jamais eu l’occasion, mais ça ne m’a jamais attiré. En revanches, je suis suffisamment ouverte d’esprit pour me réjouir de vivre cette expérience. Je prends la pose devant le campement jusqu’à ce que j’aperçois un Marabout ! Un oiseau perché sur sss grandes pattes avec un grand bec. Photo à l’appui, je n’étais pas prête.

Frank et notre cuisinier montent notre logement d’une nuit. Pendant ce temps, nous nous installons avec les autres sur le toit de la Jeep afin de regarder le soleil qui se couche. Nous passons un bon moment à rigoler et à échanger ensemble. Le soleil ne donnera jamais ce que nous attendions de lui au vu des gros nuages qui plombent l’horizon.

La lune est déjà élevée dans le ciel et les étoiles apparaissent petit à petit. Il est l’heure de prendre une douche puisque le repas est prévu qu’à 20h00. Là aussi, c’est l’expédition. Une eau glacée qui tombe goutte à goutte. Je renonce à me laver les cheveux et prends la douche la plus expresse de ma vie. Au moins je suis propre, et je n’ai même pas vu de gros insectes degueulasses. Ça pourrait être bien pire.

Nous organisons notre tente avec les dernières lueurs du jour qui sont plutôt les premières lueurs de la lune finalement. Nous n’avons pas pensé à prendre une lampe torche ce qui aurait pu être bien pratique.

A 20h00, nous rejoignons la salle à manger qui est une des seules structures rigides du camp. Aussitôt les effluves de nourriture viennent chatouiller mes narines et m’ouvrir l’appétit. Les tables sont réparties par organisation. La nôtre dispose d’une petite table avec de minuscule chaises de camping. Nous mangeons une délicieuse soupe au concombre et des nouilles avec légumes et bœufs en plat principal. Je suis repue. Frank vient nous faire le topo pour le lendemain. Rendez-vous à 6h00. Ça va piquer ! Alors que les tables alentours se vident, nous papotons un peu avec le reste du groupe. Un africain vient nous demander si nous souhaitons une bière. Je crois rêver ! Pour la modique somme de 4.- nous avons deux bières « Safari ». Il n’en fallait pas plus pour bien terminer la soirée.

Nous retournons à la tente vers 21h30. Je lève les yeux vers le ciel, mais pas l’ombre d’une étoile, elles sont toutes cachées derrière les nuages. Avant de se coucher, j’oblige Aurélien à écouter toutes mes chansons préférés du Roi Lion (et il y en quelques unes !), le tout en chantant et en dansant. Bah quoi ? S’il y a bien un endroit où il faut faire ça, c’est ici ! D’ailleurs nous avons passé une partie de la journée à les chantonner. Pendant que j’effectue une de mes meilleures démonstrations de mes talents de chanteuse professionnelle, Frank, qui passait par là, tapote à notre tente et me dit d’arrêter parce qu’il pleut… et le pire, c’est qu’il a raison. Des centaines de petites gouttes s’écrasent sur la toile de notre logement. C’est ainsi que nous trouvons le sommeil à passé 22h00.

Un marabout !

5
Plaine du Serengeti

Ma dernière phrase semblait merveilleuse… se dire que nous nous sommes endormis au son de la pluie et basta. Pas vraiment en fait. Comme je l’ai peut-être retranscrit un peu la veille, je commence, ou plutôt je suis, malade et ça ne s’améliore pas de jour en jour. Assise ou debout ça se passait relativement bien, mais allongée, c’est un enfer. J’ai les narines complètement bouchées, une pression de dingue dans mes sinus qui me remontent jusqu’aux oreilles et doivent sans doute me comprimer le cerveau avec une belle barre au crâne en prime.

J’arrive à m’assoupir une petite heure, puis suis réveillée par les bruits des tentes voisines qui parlent trop fort et aussi réveillée par le froid. Il est 23h00. Il faut dire que les nuits sont vraiment fraîches. Il ne doit pas faire plus de 15° à l’intérieur. Initialement, je m’étais habillée plutôt light comme je le fais à chaque fois pour dormir. Sauf que : il fait vraiment froid et la fermeture éclaire de mon sac de couchage m’a lâché et l’air à tout le loisir de s’infiltrer et de faire frissonner ma peau nue. Je rajoute des couches, en espérant n’avoir pas plus froid demain matin, car clairement je n’aurais pas d’autres habits à rajouter.

Je me rendors, puis suis tirée de mon sommeil vers 1h00 du matin par un son. Je crois d’abord que ce sont des gens du camp, puis je réalise que c’est le cri d’un animal. Aucune idée de l’auteur précis de ce son.

Je suis reveillée encore plusieurs fois à cause de mon nez ou du froid. Bref, autant dire que j’améliore vraiment pas mon quota de sommeil. Le principe du camping en soit ne m’a pas dérangé. Clairement leur matériel laisse à désirer et ça serait bien plus agréable avec du matos de qualité.

A 5h45, le réveil sonne. Dehors il fait encore nuit, et il ne pleut pas. Nous retrouvons notre groupe pour un petit-déjeuner express composé de thé, café et biscuit « glucose ». A 6h20, nous embarquons nos sacs dans la Jeep et retrouvons Frank. Il nous demande si nous avons entendu le lion cette nuit. Waouh ! C’était donc ça ! Un lion qui se promenait tout près de notre campement. Je saurais reconnaître ce son à présent.

L’idée de ce matin était de pouvoir voir le levée du soleil. Sur le papier, ça a l’air bien. En réalité, les nuages sont trop présents. Frank est au taquet ce matin. A peine sommes nous partis qu’il pense voir un lion et rebrousse chemin. Au passage, nous avons failli resté coincé. Nous retrouvons d’autres Jeep et aucun lion aux alentours. Frank part en exploration. Ce matin, il appuie sur le champignon et nous devons vraiment nous accroché surtout en étant debout accoudés sur le toit.

Nous sommes seuls et tombons sur Nala et Simba allongés en face à face. « Honeymoon » selon Frank. Trop beau. C’est la première fois que nous voyons un couple isolé. \240Soudain, un bruit vient attirer notre attention. Un autre lion !

Frank tend l’oreille et roule à fond tout en guettant chaque mouvement. Au loin, Aurélien aperçoit le félin. Nous nous rapprochons rapidement de lui. Je n’ai pas les mots. Il est littéralement à côté de la Jeep. J’ai la fenêtre ouverte et il me suffirait de tendre le bras pour le toucher. Il marche tranquillement et nous roulons à son rythme. Sa gueule est rempli de sang, preuve qu’il s’est nourri il y a peu. Une merveille de la nature ce gros chat.

Un peu plus loin, nous tombons encore sur une lionne solitaire que nous suivons jusqu’à ce qu’elle rejoigne d’autres femelles et leurs bébés cachés derrière des rochers.

En roulant, nous croisons un troupeau de giraffe. Il y en a deux sur la route à gauche et trois sur la route à droite. Elles sont vraiment belles. Il existe deux types de giraffe principale dans le parc. Les réticulés et les massaïs. Ces premières ont des dessins beaucoup plus géométriques que les secondes. Je me rends compte à quel point, en tant qu’Européens, nous n’avons pas l’habitude de voir des animaux si grands. De pouvoir les observer dans leur milieu naturel est une chance inestimable. Les giraffes sont très craintives, et se déplacent dès que nous sommes trop près, même en restant sur la route avec le véhicule.

Après ça, nous continuons de rouler sur les sentiers du Serengeti. L’air est encore très frais et j’ai la tête en pastèque. Je sors la couverture et m’emmitouffle dedans. Notre chemin croise un troupeau de buffle. Ils sont vraiment imposants et se reconnaissent facilement avec leurs cornes typiques.

Nous voyons deux autres Jeep arrêtés sur le chemin et faisons de même. Nous plissons les yeux dans les herbes à la recherche d’un animal. Un léopard ! Et même deux léopards !! Une maman et son bébé. Incroyable. Si il y a bien un animal que je ne pensais pas forcément voir, c’est celui-ci. Et le must : ils sont actifs. La maman se fond dans les herbes avec son pelage. Elle se rapproche dangereusement d’un zèbre et nous retenons notre souffle. Sa tentative n’aboutira pas, car l’équidé fuit. Elle continue sa marche, suivi de près par son bébé et nous les suivons avec la Jeep. Nous restons au moins trente minutes à les suivre et à les observer. C’est magique.

Plus loin, nous croisons encore des giraffes. Il y en a au moins une quinzaine qui marche de chaque côté de la route, près de la Jeep. Un spectacle qui vaut vraiment le détour. Je me sens si petite !

Frank nous fait faire un arrêt à l’« hippo pool » qui se trouve près d’une aire de pique-nique ce qui nous permet de descendre de la Jeep. C’est la mare aux hippopotames ! De loin, je crois au début qu’il y a beaucoup de rocher. Grossière erreur. Les rochers sont bels et biens vivants ! J’hallucine au moment où je m’amuse à les compter. Il y en a tout cas une centaine, entassés les uns sur les autres. L’endroit semble tellement petit pour accueillir autant de ses animaux balèzes. Nous restons un bon moment à les observer. Tantôt ils nous font l’honneur d’ouvrir leur impressionnante mâchoire, tantôt s’agitent, faisant réagir plusieurs d’entre eux. Leurs cris sont particuliers et uniques. J’aime voir leur tête qui émerge puis qui disparaît pour réapparaître là où on ne s’y attend pas. La plupart du temps, seul leurs petites oreilles rosâtres dépassent.

Sur le chemin de retour au camp, nous tombons sur un léopard paisiblement endormi dans un arbre. A ses côtés, gît ce qui devait être une gazelle avant le festin.

Juste après ça, une lionne qui marche au bord de la route ! Elle ne s’écarte pas lorsqu’on passe, et reste campée sur le chemin à côté de la Jeep. Nous la suivons un bon moment, faisant rouler le véhicule au pas. Elle est tellement belle. J’entends le bruit de ses coussinets qui foulent la terre. J’observe sa fourrure parsemée de quelques cicatrices. Elle avance, sûre d’elle, ignorant totalement notre présence. A quoi bon avoir peur lorsqu’on est le roi de son royaume ?

Nous atteignons le camp à 11h10. Le cuisinier nous a préparé une tarte aux légumes avec des frites et ses fruits frais pour le dessert. Nous profitons du wifi pour actualiser mon blog. Je check mes mails et constate que j’en ai un de « Air Tanzania ». Il me note que « l’option est annulé ». Je ne comprends rien, mise à part que j’ai bien peur que notre vol est annulé. Je cherche notre réservation sur leur site : erreur. Lucas et Manon, les deux jeunes français, ont le même vol que nous et eux retrouvent leur réservation. Mon explication est qu’il y a probablement trop de gens dans l’avion et qu’ils nous ont giclé… comme si on avait besoin de ça ! Bref, Aurélien essaie de les appeler. Ils nous demandent un numéro de WhatsApp. Je ne suis pas sure qu’on aura des nouvelles. Nous sommes prêts à repartir à 12h20.

Nous rebroussons chemin sur la route de l’enfer que nous avons parcouru la veille. Cette fois, nous avons sorti la sono. Nous arrivons même à ambiancer Frank en mettant « Waka Waka » de Shakira et « Le lion est mort ce soir » version anglaise !

La route est aussi longue et difficile que prévue. Sauf que cette fois, nous savions à quoi nous attendre. Nous atteignons le campement situé dans le parc national de Ngorongoro à 16h30. Fin de la journée. J’avoue être un peu déçue. Malheureusement, c’est comme ça. Les safaris promettent en général 5-6 heures de vue sur les animaux par jour. Le reste du temps il y a les trajets, les pauses, etc. Nous avons eu beaucoup de chance ce matin, alors ça compense.

Nous nous trouvons à 2300 mètres d’altitude. Ça ne va vraiment pas arranger mon cas. Les températures sont plus froides maintenant, et vont descendre plus basses que la veille durant la nuit. Aïe.

En attendant que les tentes soient montées, nous allons acheter une glace dans la mini supérette dans un des seuls bâtiments présents sur le campement. Il fait plutôt frais pour une glace, ce qui fait peu sens mise à part l’envie qui nous anime.

Une fois les tentes installées, nous commençons directement par la douche. Cette fois, il y a de l’eau chaude. A savoir qu’il faut tourner le robinet bleu pour en avoir et non le rouge, c’est original. En revanches, le pommeau est cassée et il y a une fuite qui gicle au-dessus de ma tête… bonjour l’utilité. Je finis par me doucher avec le robinet, la tête penchée en avant pour me laver les cheveux et je me tortille au fur et à mesure pour laver le reste de mon corps. C’est impressionnant la poussière qu’on ramasse, mon teeshirt blanc est devenu brun par endroit.

Le soleil descend vers l’horizon lorsque nous sortons de la douche. Nous assistons à un magnifique spectacle quand un troupeau de zèbre court sur l’étendue juste au-dessus de nos tentes. Nous les suivons de loin et profitons pour observer le soleil qui se couche au loin derrière les montagnes.

Nous retrouvons Lucas et Manon qui proposent un « apéro » dans le bâtiment. Nous sortons notre Uno et achetons des chips et des noix de cajous. Pas de vente de bière, c’est un peu la déception. Laura et Edgar se joignent à la partie. Je n’avais plus fait de Uno avec autant de personne depuis très longtemps. Nous mettons à plat les règles dès le début, ce qui lance un débat animé et bon enfant. Aurélien gagne la première partie et je gagne la seconde. Pas le temps d’en faire une troisième, le repas va être servi.

Nous mangeons une délicieuse soupe à la patate, du riz et des légumes. Frank se joint à nous pour la fin et nous donne les instructions pour demain. Départ à 6h00, et nous choisissons de prendre le petit-déjeuner en route. Nous échangeons avec lui sur sa vie de guide et sur sa vie privée. Les échanges sont fluides ce soir entre nous. Partage et fous rires. C’est notre troisième et dernière soirée ensemble. J’ai aimé bien plus que ce que j’avais imaginé de partager ce moment avec ces voyageurs de fortune.

Nous savons que la journée sera longue et le réveil rude, c’est pourquoi à 21h00, nous nous retirons. Petit challenge pour retrouvé la tente dans la nuit noire. Et deuxième défi pour trouver de quoi se réchauffer pour la nuit. J’empile quelques couches avec le peu que j’ai, et espère que ça ira. La suite sera pour demain.

Hippo pool !

6
Cratère du Ngorongoro

La nuit s’est déroulée bien mieux que prévu et j’ai dormi presque comme un bébé. Cette fois, j’ai dormi vraiment toute habillée, de mes chaussettes, en passant par mon pantalon à mes deux couches de teeshirt et ma jacquette en plus. Les affaires de lit sont distribuées aléatoirement et cette fois, j’ai eu un sac de couchage à peine plus épais avec une fermeture fonctionnelle. Je me suis également enroulée dans ma couverture polaire, volée à Qatar Airways, (qui m’aura quand même bien sauvé la vie), dans le sac de couchage. Et la technique ultime : se rouler en position fœtale et surtout ne jamais en bouger. Mon nez a cessé d’être bouchée puisqu’il produit un torrent de sécrétion (de rien pour la description).

A 5h45, lorsque le réveil sonne, je n’ai aucune envie de me lever. Nous paquetons nos sacs à dos, passons aux toilettes et retrouvons tout le monde devant la Jeep. Il fait nuit noire et la température extérieure est de 12°.

La Jeep peine à démarrer en ce début de journée, comme nous. Il lui faut un peu de temps pour daigner faire vrombir son moteur. Elle n’a qu’un phare, celui de droite, comme l’essui glace, seule celui de droite a survécu. Peu après notre départ, le phare orphelin décède. Aucun soucis, Frank a la solution ! S’éclairer à la lueur des warnings ! Effet garanti. Le phare finit par crachoter un faible halo et reprend du service. Pour combien de temps ? Personne ne le sait.

Qu’importe, car le jour se lève doucement et la route devient visible pour tous. Si nous pouvons éviter une collision Jeep-Zèbre, ça serait chouette.

La route pour descendre au célèbre cratère du parc national de Ngorongoro, est raide. Nous atteignons la plaine en 45 minutes.

L’eau se trouve sur notre gauche à une distance que j’estime à deux kilomètres. A droite, il y a une étendue de pleine qui heurte le pied des montagnes. Pas de joli lever de soleil, les épais nuages couvrent le ciel et les températures restent particulièrement fraîches. Frank s’arrête rapidement au bord de la route. Je me demande bien ce qu’il a pu voir. De loin, nous apercevons quelques silhouettes de gazelles et buffles et je ne vois rien d’autres.

Un groupe de lion ! Voilà ce que Frank a vu. Incroyable. A la base, ils étaient tous allongés en masse et nous les voyons se lever et se déplacer au fur et à mesure. J’hallucine quand je compte le nombre d’individu. Ils sont un peu plus d’une dizaine ! Le groupe est composé principalement de femelle adulte, de lionceaux et de mâles « adolescents » avec leur crinière prépubère. Nous prenons de l’avance et arrêtons la Jeep. Comme prévu, les félins passent devant nous. C’est vraiment impressionnant de les voir débouler en masse. Ils jouent avec un panneau marqué « Rangers only », c’est assez drôle. A l’origine, nous étions la seule Jeep, et petit à petit, les autres raboulent ce qui est nettement moins plaisant. Heureusement, les moteurs sont coupés et les gens sont suffisamment respectueux pour garder le silence.

Le groupe de félin s’est arrêté à distance d’un magnifique buffle qui broute tranquillement. Les carnivores ont faim. Pour finir, ils passent plus de temps à procrastiner qu’autre chose. Moi, je suis enroulée dans ma couverture et les regarde avec admiration. Nos chats domestiques ont quand même beaucoup de trait de caractère et de trait physique similaires à ces grands félins africains.

Une lionne surgit de l’autre plaine. Je ne sais pas si elle appartient au même groupe. Elle décide de poser ses fesses juste devant les Jeep. Puis elle se déplace, à l’aise, prenant la pose devant les autres véhicules. Elle est impressionnante. Elle s’agite et regarde partout. Quand ses yeux vont dans notre direction, ça m’en arracherait presque un frisson. Je ne peux m’empêcher de penser que la fenêtre est grande ouverte et que je ne suis qu’un steak géant (tout est relatif dans le géant, je vous l’accorde).

Pas d’incident à déplorer, pas de lettre à démarrer par « Chère Mobilière, …» et nous poursuivons simplement notre route. Frank nous arrête au bord d’un petit lac pour prendre le petit-déjeuner. Nous installons la table contre la Jeep et chacun met du siens pour préparer la table. Le cadre est plaisant malgré le temps nuageux et le froid environnant. Nous profitons de cet arrêt pour faire une photo de groupe au bord de l’eau.

Une fois le ventre plein, nous reprenons la route. Nous voyons un bébé hippopotame en dehors de l’eau. C’est la première fois que nous voyons cet animal sur la terre ferme ! Il est mignon avec sa peau toute lisse et son corps tout rond.

Plus loin, au détour d’un virage, nous manquons de percuter une famille chacal avec les parents et leur poignées de rejetons. Nous retenons tous notre souffle alors que les pneus de la Jeep crissent sur la terre. Ouf, tout va bien. Je pense que nous avons autant eu peur que ces petits carnivores.

Notre chemin finit par croiser celui d’une famille hippopotame échouée sur la berge. Maman, papa et bébé. On dirait juste des gros tas de pierre.

En longeant les rives, nous voyons des flamants roses, des pélicans et un hippopotame adulte en dehors de l’eau ! Le tableau est idyllique.

Je crois que le trajet que nous faisons, c’est le tour du lac. Avant de terminer ce parcours, nous faisons un passage par la forêt où nous croisons un énorme troupeau d’éléphant avec des bébés. J’essaie de graver chacun de leur trait dans mon esprit pour ne jamais oublier ce moment. C’est une merveilleuse manière de finir le cratère de Ngorongoro. En plus, le ciel s’est dégagé et les arbres laissent filtrer quelques rayons de soleil.

Nous portons tous en nous une pointe de déception à l’idée de n’avoir pas vu un rhinocéros. Comme le dit Frank, ils sont difficiles à voir car dès qu’il y a trop de vent, trop de pluie ou trop de soleil, ils vont se réfugier dans la végétation de la jungle. Tant pis pour cette fois, au vu du nombre de chose incroyable que nous avons vu ces derniers jours, je suis déjà comblée. Et comme ça, j’ai une excellente excuse pour refaire un safari dans un prochain voyage !

Nous joignons le campement après les coups de midi pour notre dernier repas tous ensemble. Riz, nouilles, légumes et fruits frais. L’occasion de papoter encore un peu, et de mon côté de réserver le dernier hôtel qu’il nous manque. Je suis contente de ma gestion de dernière minute. Sachant que je viens de réserver l’hôtel pour demain ! Timing au top.

Je reçois également un mail de Air Tanzania pour le Check-In. Pour l’histoire, hier le mec m’a finalement envoyé un WhatsApp pour me dire que notre réservation avait été annulé. Il n’a jamais pu m’expliquer le pourquoi du comment et m’a juste envoyé le numéro du « call center ». J’ai également contacté ma banque pour être sure que le paiement soit bien passé, ce qui était le cas. Mon plan ? Se pointer comme des fleurs à l’aéroport et négocier avec la seule conclusion possible de prendre ce vol. Enfin bref, on verra bien demain !

A 13h30, nous quittons le campement en direction d’Arusha. Musique et bonne humeur au programme. Nous faisons une pause au « Crater View Point » où nous n’avons pas pu nous arrêter la première fois car il y avait trop de brouillard. Frank nous laisse deux minutes, car sinon nous devons payer un supplément pour le parc. Challenge accepté. Nous crions « let’s go » et courons comme des dératés. En arrivant devant, la seule chose que nous lâchons c’est un « waouh ». Juste magnifique. Là, c’est le bal des photos en couple, seul, juste le paysage ou encore avec Frank ! Nous réussissons avec le timing imposé et remontant aussitôt dans la Jeep.

Le trajet est vraiment long comme prévu. Nous faisons deux pauses sur des petits marchés afin que nos camarades d’aventure achètent quelques conneries pendant que nous patientons. Je me rends compte de la distance que nous avons parcouru pour se rendre dans ses trois parcs. C’est énorme. D’autant plus avec l’état des routes qui ralenti nettement.

Nous atteignons Arusha à 18h00. Nous découvrons la ville en plein jour. Elle fourmille littéralement de gens dans tous les sens. Il y a les motards qui prennent la pose fièrement sur leur bécane, les camions qui passent remplis de paille et de personnes, du bétail qui court sur le bord des routes avec des gamins haut comme trois pommes qui les dirigent ou encore les vans colorés et tunés remplis à raz bord de passagers. Je suis fascinée par les rues que nous traversons. Le contraste entre les habitants est particulièrement frappant. Je pense à ce jeune homme fringué comme « un homme de la ville » jeans, tee shirt Nike et tennis blanches adidas, à cette femme aux cheveux tressées, aux habits colorés, aux formes généreuses qu’on pourrait appelé « Mama Africa », à ce petit garçon qui n’a pas encore l’âge d’aller à l’école et qui n’ira probablement jamais, habillé de fringues trop grandes et dépareillées qui ont sans doute appartenues aux générations précédentes, ou encore à cette femme au crâne rasé, à la longue tunique rouge typique des Massaïs, aux grandes boucles d’oreille et à l’immense bâton de berger aggripé dans sa main gauche. C’est ce que je vois de la population africaine en ce samedi soir et je trouve ça bluffant.

Après un détour raté pour poser Laura et Edgar à leur auberge, nous nous retrouvons tous à l’agence. Comme j’expliquais quelques jours plutôt, nous avons, les trois couples, réservés chacun avec une « agence de voyage africaine » différente qui a finalement mandatée celle où travaille Frank \240les « 3 Wonders » qui se trouve physiquement au centre d’Arusha. \240Bref, déjà c’est une chose dont j’ignorais à la base, sinon je serais passée au minimum par une agence qui dispose elle-même de guide et de Jeep pour les safaris.

Tout ça pour revenir deux jours plus tôt… vous vous souvenez quand Aurélien a avancé de l’argent que nous avions déjà payé, mais que le virement n’avait pas fonctionné et que nos entrées n’étaient pas payées ? Notre contact Edward, nous avait dit qu’il nous rendrait l’argent à notre retour… surprise ! C’est une arnaque. Frank nous amène dans son agence et nous discutons avec un mec qui semble gérer l’argent. C’est lui qui nous annonce la nouvelle en disant qu’Edwadd ne veut pas rendre l’argent. Je suis tellement perplexe (et naïve ?) que je demande encore pourquoi. Haussement d’épaule en retour. Le mec nous dit qu’il ne veut pas que ça gâche nos vacances et qu’ils vont prendre sur eux pour nous rembourser, chose qu’il fait. C’est ainsi que nous nous retrouvons avec liasse de Schilling sur nous tels des millionnaires africains. Au final, tout est bien qui finit bien pour nous, grâce à Frank et au reste de l’équipe. Ce qui est sûr, c’est que dès que j’ai du wifi je vais pourrir la réputation de l’autre guignol. Étant donné que tout passe par les réseaux sociaux, y’a moyen que ça ait de l’influence.

Le tour s’arrête ici officiellement. Ceci dit, nous avons demandé à Frank s’il pouvait nous déposer à notre hôtel pour la nuit qui se trouve à une heure de route à côté de l’aéroport du Kilimandjaro. Nous sommes en compagnie de Lucas et Manon qui poursuivent avec nous pour l’instant. Je respecte énormément Frank pour toute la conduite qu’il a eu. Les temps de trajets sont énormes et nous lui en demandons encore beaucoup. Bien entendu, nous lui avons déjà donné un pourboire pour le safari et allons compléter pour le transport.

Le route est random au possible. La Jeep éclaire toujours avec son phare de cyclope. L’itinéraire est chargée de traffic, et il y a de nombreux marchés qui s’étalent sur le bitume dans les villages que nous traversons. Je précise quand même à Frank que je ne souhaite pas mourir ce qui le fait beaucoup rire. J’imagine que lui n’est même pas choqué par la situation. Là encore, je ne peux que mettre en avant la chance et le luxe que nous avons d’être Suisse.

Nous atteignons notre hôtel à 19h40. Nous quittons Frank, avec un pincement au cœur pour moi, et le remercions milles fois. L’endroit est un peu glauque, mais la chambre est plus que correct. Nous posons les bagages et descendons au restaurant qui se trouve à l’extérieur accompagné de Lucas et Manon qui ont la chambre à côté de la nôtre. Le menu ne fait pas rêver et nous commandons des burgers avec des bières. Le service est très lent, ce qui nous laisse le temps de commander une seconde bière. Nous finissons par rentrer à 22h00 exténués. La douche est froide, simple formalité, nous commençons à avoir l’habitude. Nous profitons du confort d’avoir un matelas et d’être protégé du froid.

7
Matemwe

A 5h10, le réveil retentit. C’est violent et je n’ai qu’une envie, rester au fond du lit. Nous retrouvons Lucas et Manon en bas de l’hôtel, où nous partageons un taxi jusqu’à l’aéroport qui se trouve à douze minutes en voiture.

A mon sens, nous avons pris bien trop de marge, mais je me suis pliée à la majorité collective. L’aéroport est aussi grand que le terminal 2 de Dar es Salaam, en beaucoup moins glauque (ce qui n’est pas compliqué). Cette fois, nous recevons de vrais billets d’avion imprimés.

A 6h20, nous avons enregistré les bagages et passer l’unique portillon de sécurité. L’avion décolle seulement à 7h35. C’est également un « vrai » avion, rien à voir avec celui que nous avons pris pour venir ici. Le géant metallique quitte le tarmac à l’heure, nous offrant une vue sur le Kilimandjaro qui s’élève au-dessus des nuages. Magnifique.

Je fais le tour des photos de ces derniers jours. Je peine encore à croire de tout ce que nous avons vécu. Lorsque je relis mes écrits, j’en suis presque déçue. J’ai l’impression que tout ce qui est retranscrit est tellement fade à côté de ce que j’ai ressenti et vu. J’imagine que c’est une expérience non loin de l’indescriptible.

L’avion arrive à Zanzibar à 8h20. Pour l’anectode, il y a quelques années en arrière, je pensais que Zanzibar était uniquement un bar à Paléo, la honte. Bref, nous récupérons nos sacs à dos et sortons de l’aéroport. Nous remarquons directement la différence de climat. Il fait bien plus humide et chaud, c’est tropical. Je remarque aussi le niveau de tourisme du secteur. Nous nous faisons sauter dessus dans tous les sens pour nous porter nos sacs, nous vendre des cartes prépayées ou encore des excursions ou des transport. Un peu agressif comme début.

Nous nous éloignons de la foule et négocions un taxi pour 20’000 shilling par personne, ce qui correspond à 8.-. Nous sommes toujours avec Lucas et Manon qui dorment dans le même coin que nous ce qui nous permet de partager les frais.

Notre premier stop à Zanzibar est à Matemwe. Ce village se trouve au nord-est de l’île et est réputé pour ses plages incroyables.

Nous parvenons à quitter le parking de l’aéroport à 9h10. Il n’y a pas beaucoup de route, nous empruntons donc la route principe qui mène au nord de Zanzibar. Je trouve déjà que l’ambiance est bien différente par rapport au continent. Tous semble plus calme, plus paisible, je ne ressens pas l’agitation grouillante des villes continentales. Je ne vois pas de bétail, ni de chiens. Les femmes sont pratiquement toute voilée.

Nous commençons le voyage avec un ciel nuageux, puis quelques gouttes de pluie, pour finir par un merveilleux ciel bleu et un soleil rayonnant. Le taxi pose Lucas et Manon à leur hôtel et nous leur faisons nos adieux.

Nous arrivons à notre hôtel à 10h40, après que le taximan peine à localiser l’endroit exact. Nous sommes au milieu de nul part. J’avoue que ça me fout une angoisse. J’aime pouvoir me promener librement à pied.

Nous découvrons notre chambre et enfilons nos maillots de bain pour se diriger vers la plage. L’odeur iodée vient chatouiller nos narines. C’est l’heure de la marée basse, ainsi il est difficile de se baigner. D’ailleurs, les gros nuages ont repris leur place.

Parlons un peu plus de l’Afrique et de la Tanzanie. La langue officielle est l’anglais et le Swahili. Cette dernière est parlé également au Kenya, Ouganda, Rwanda et en République démocratique du Congo. Quelques exemples de mots que nous utilisons ces derniers jours :

Jambo : Bonjour

Safari : voyage

Pole pole (prononciation = polé) : doucement

Karibu (prononciation = Karibou) : De rien / Bienvenue

Asante Sana : Merci

Ndyio : Oui

Hapana : Non

Ces quelques mots se retiennent facilement, et les habitants apprécient l’effort que nous faisons.


Quelques infos en vrac afin de mieux connaître le pays où nous nous trouvons… je n’avais pas eu le temps de le faire plus tôt au vu des derniers jours plutôt intenses :

La Tanzanie actuelle est née de l’union du Tanganyika et de Zanzibar en 1964. Le nom du pays provient de la fusion de ces deux endroits. En 1954, Julius Nyerere, un enseignant, prends la tête du partie politique de l’Union Nationale Africaine du Tanganyika et demande l’indépendance aux Royaumes-Unis. Celle-ci est accordé en 1961 sans violence. Du côté de Zanzibar, ce fut plus compliqué. Début 1964, une révolution a lieu sur l’île et plus de 10’000 personnes périrent en une nuit. Quelques mois après, c’est la fusion et la naissance de la Tanzanie et Julius Nyerere en devient président.

Aujourd’hui, la présidente du pays est Samia Suluhu depuis mars 2021. C’est la première femme à occuper cette fonction. La capitale de la Tanzanie est Dodoma et Dar es Salaam est la « capitale économique ». Le pays est divisé en 26 régions, dont 21 continentales et 5 péninsulaires. Les régions sont ensuite divisées en 127 districts. 63 millions d’habitants peuplent les terres tanzaniennes. Les religions principales sont l’animisme, le christianisme et l’Islam. Sur Zanzibar d’ailleurs, 99% de la population est musulmane.

Il existe une loi qui interdit la présence et l’importation de sac en plastique sur le continent ainsi que sur Zanzibar.

Voilà ça sera tout pour les infos du jours ! Repartons à notre journée. Nous mangeons une morce au restaurant de l’hôtel. Aurélien choisit une pizza alors que je me tourne vers quelques choses de plus locale. Des samosas, des boulettes de pommes de terre entouré d’une étrange inconnue rose, et des brochettes de viandes, délicieux ! Le service est plutôt lent, ce qui nous laisse le temps de boire quelques bières.

J’avais consulté les infos pour savoir que la marée serait haute à 16h20. C’est impressionnant de voir comment le niveau évolue en peu de temps. Le banc de sable blanc se recouvre gentiment d’une eau bleu cristalline. Le paysage est rempli de bateaux en bois qui oscillent au rythme des vagues. Je souris, car en voyant l’océan indien devant nous j’ai la chanson de Vaiana en tête « le bleu lumière ».

Après mangé, nous sortons de la crique pour joindre la plage d’à côté. Je manque d’ailleurs de m’étaler et arrive simplement à heurter violemment mes orteils droits en perdant un bout de peau contre de la pierre. Bref, c’est juste moi. De l’autre côté, la plage s’étend à perte de vue et il y a encore plus de bateaux. Un mec sur la plage nous propose une excursion pour le lendemain que nous acceptons. C’est bien moins cher que ce que propose l’hôtel.

Après notre marche digestive, nous nous posons sur les lits balinais mis à disposition en bord de plage. Au programme : sieste. Depuis ce matin, je lutte violemment contre le sommeil et je me sens vraiment fatiguée. Je m’endors rapidement et suis finalement réveillée par le froid. La marée est haute, l’eau agitée et le vent souffle. Nous sommes sur la côte est. Le soleil se couche de l’autre côté de l’île et nous profitons de nous réchauffer avec les derniers rayons sur les chaises longues près de la piscine.

Le jour meurt, laissant le place à la nuit et derrière nous, au bout de l’océan, la lune se lève, pleine et belle. Elle éclaire la plage sans avoir besoin d’un quelconque éclairage supplémentaire. Nous sirotons nos bières, en profitant des derniers moments de l’happy hour.

Pour le repas du soir, nous nous installons au restaurant de l’hôtel et découvrant qu’il y a un menu unique pour tout le monde. Quelques snacks pour l’apéro, crevettes en entrées, spaghettis en deuxième entrée (What the fuck ?), langouste en plat principal et cheesecake au dessert. Pour deux personnes qui n’aiment pas les fruits de mer, on était au top du top. Nous avons reussi à refuser la langouste avant même qu’elle arrive. D’ailleurs je n’avais même plus faim après les premiers plats.

Nous rentrons à la chambre à 21h30 pour prendre une douche. La pression est catastrophique, mais au moins l’eau est chaude. Le rythme de vie est bien différent ici, et il faut dire que j’ai beaucoup d’heure de sommeil à rattraper, ce qui n’est pas plus mal de se coucher tôt.

8
Mnemba Island

Ce matin, nous avons rendez-vous à 8h00 sur la plage. Nous sautons le petit-déjeuner pour pouvoir dormir plus longtemps. Les neuf heures de sommeil m’ont fait un bien fou.

Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre hier en réservant l’excursion. Il s’avère que c’est un tour privé. Nous nous retrouvons avec Ali, le capitaine du bateau et Sliman, le « guide ». Cette fois, je pense à enlever mon short avant de mettre la crème solaire afin d’éviter un joli coup de soleil sur les fesses comme au Costa Rica.

Nous avons environ trente minutes de trajet pour atteindre le premier spot de snorkeling. La bonne humeur est au rendez-vous et nous avons droit à la reprise d’une musique locale. Ambiance garantie. Nous longeons la côte et découvrons la roche qui prend le relais entre les cricks de sable. Nous devons faire un détour, car le récif s’étend tout le long en parallèle de Zanzibar. L’ouverture afin d’accéder au reste de l’océan est étroite et le courant est fort. « Pole pole » (doucement) comme disent les tanzaniens.

Cap sur Mnemba Island. C’est une île privée de 1,5 kilomètre de circonférence et 500 mètres de diamètres. Elle appartient à Bill Gates. Il est possible d’y passer une nuit pour un montant allant de 1100 à 1600 dollars par personne par nuit. Autant dire que c’est pas prévu pour tout de suite ! Il y a beaucoup d’algue sur la plage de notre hôtel. Ici, rien à \240voir. Je suis hallucinée. L’eau est turquoise et les rayons qu’apportent le soleil ne fait que sublimer ce magnifique endroit.

Nous nous stoppons à quelques mètres de l’île. Je vois le fond marin depuis le bateau ! Waouh. Masque, tuba, palme et c’est parti. Petite fierté personnelle, j’ai dit « bye-bye » au gilet de sauvage. D’habitude je suis une trouillarde de l’eau, d’autant plus en mer, même si je sais nager. Je décide de me lancer ce défi et ça se passe super bien. Il y a encore trois mètres sous mes palmes avant le fond de l’eau. Tout se distingue parfaitement, c’est génial. Les poissons nous frôlent, pas le moins du monde effrayés par notre présence. Je me retrouve en « face to face » avec un fish dès que je mets la tête dans l’eau, j’adore.

Sliman vient avec nous, sauf qu’il ne sait pas nager. Il enfile un gilet de sauvetage. Et quand je le vois, je me dis grand respect. Moi qui sait nager et qui ait peur malgré tout, et lui qui ne sait pas nager et qui y va quand même. Courage, inconscience ou stupidité ? Parfois les limites sont fines. Il me tend un bout de pain dans la main. Je sais que nous ne devrions pas faire ça, mais difficile de refuser une fois dedans. Les poissons ne comprennent pas tout de suite, mais après quelques secondes, c’est l’orgie. Ils s’agglutinent vers moi et me mangent la main. Je manque de m’étouffer tellement je ris.

Nous finissons par remonter sur le bateau. La deuxième partie consiste en la recherche de dauphin ! L’idée en soit me fascine au plus au point. En revanches, la manière me dégoûte un peu. Il doit y avoir une vingtaine de bateaux autour de nous, tous avec le même but. Soudain, je reconnais la forme caractéristique du cétacé ! Deux dauphins juste devant nous. Et là, c’est n’importe quoi. Les bateaux font vrombir leur moteur pour s’en rapprocher un maximum et des plongeurs sautent dans tous les sens avec la grâce d’une baleine échouée. Ça m’agace. Ici le courant est particulièrement fort, et je trouve ça vraiment dangereux. Nous voyons encore plusieurs dauphins qui finissent par disparaître complètement, ce que finit par faire les embarcations aux alentours.

Nous rebroussons chemin vers Mnemba Island pour un autre spot de snorkeling. Ici, il y a plus de monde et les poissons sont pratiquement les mêmes. Nous en profitons malgré tout et y restons un bon moment.

La dernière étape est un stop sur un banc de sable blanc avec l’eau turquoise en fond, juste à côté de l’île. En nous y rendant, nous tombons sur trois dauphins ! A ce moment là, il y a uniquement trois bateaux dont le nôtre. Nous enfilons palme, masque et tuba et sautons doucement. Quand je mets la tête sous l’eau, ils sont juste dessous moi ! Les trois mammifères nagent au même rythme, côte à côte, au fond de l’eau. Je les suis en gardant une distance respectueuse et essaie de garder le rythme. C’est vraiment trop beau, et je me rends compte de la chance immense d’être tombé sur ce groupe de dauphins. L’expérience est magique.

Notre embarcation nous récupère et nous nous rendons ensuite à l’endroit prévu. Tous les bateaux s’arrêtent au même endroit ce qui perd un peu de son charme. Par contre, le paysage en vaut clairement la peine. C’est idyllique. Nous marchons sur le banc de sable, pendant que Sliman coupe les fruits qu’il a apporté. L’occasion de faire une pause et combler le petit creu qui nous tord l’estomac. Banane, ananas, orange et pastèque, ces fruits n’ont pas le même goût que ceux que nous mangeons habituellement, ils sont tellement intenses en bouche, un véritable délice. Nous ne pensions même pas avoir ce genre de prestation. Ils avaient pensé également à amener des bouteilles d’eau, ce qui est plus que pertinent au vu de la chaleur déjà élevée en cette fin de matinée.

Nous entamons ensuite le chemin du retour. La marée est basse, l’eau s’est retiré et le passage du récif est plus délicat que précédemment. Ali et Sliman doivent descendre pour guider l’embarcation. L’eau s’est retiré et beaucoup de locaux profitent pour pêcher à pied avec du matériel rudimentaire. \240Nous observons des personnes de tout âge. Principalement des femmes ou des jeunes enfants. Les hommes, eux, sont sur les bateaux en bois sans moteur au large. Sliman nous dit qu’ici ils vivent principalement de riz et de poisson. Les enfants apprennent très tôt et deviennent d’excellent pêcheur.

Il est 12h30 lorsque nous retrouvons la terre ferme. Nous avons passé 4h30 sur l’océan et avons vu des choses magnifiques. Pour ça, nous avons payé 60 CHF pour deux. Aurélien me demandait hier si nous devions négocier. J’ai tout de suite trouvé cela correct et lui ai répondu par la négative. Au final, nous avons passé encore plus de temps que ce que nous avions imaginé. Nous laissons un généreux pourboire.

Nous passons au restaurant de l’hôtel pour croquer une morce. Je reprends la même chose que la veille, et Aurélien me suit.

L’après-midi est consacré au repos et à la détente. Je me rends compte que j’aie quand même pris un joli coup de soleil dans le dos sur le bateau, par conséquent j’évite de m’exposer. Nous faisons une sieste sur les lits balinais, face à l’océan. Le vent est le même que la veille. Il est fort et en devient presque désagréable. Je m’enroule dans le linge de plage. Nous terminons par profiter des derniers rayons du soleil au bord de la piscine avec une bière et un bouquin pour moi. Moment parfait.

Avant le repas, nous tentons une douche… froide avec zéro pression, autant dire que pour se laver les cheveux, c’est le top !

Le menu du soir est délicieux. Il est composé de salade à l’avocat, d’une soupe à la tomate, de bœuf avec du riz et d’un dessert inconnu. Nous rentrons à la chambre vers 22h00 pour quelques parties de Uno et la lecture de mon bouquin.

9
AHG Dream's Bay Boutique Hotel

Ce matin, nous profitons de dormir jusqu’à 9h00. \240Et profitons également de faire un petit-déjeuner. Le ciel est entièrement dégagé en ce début de matinée et le soleil cogne déjà fort. Rien à voir avec le climat que nous avions eu sur le continent africain.

Je commence gentiment à en avoir marre de rester dans le cadre de l’hôtel. Ça a rarement été le genre de voyage que je fais, et c’est de loin pas ce que j’aime faire. J’estime que voyager n’est pas rester dans son hôtel à longueur de journée.

Nous partons à pied à la découverte du village à côté de l’hôtel : Mwanahaza. Le contraste est frappant. Nous commençons par tomber sur l’école où l’ensemble des élèves sont dans le cour. Les jeunes filles sont voilées et il est impossible de voir un centimètre de leur peau en dehors de leur visage. Un des bâtiments possède une peinture rouge avec la marche à suivre pour le brossage des dents. Nous poursuivons notre chemin. L’endroit n’est pas accessible au voiture. En réalité, je pense que c’est l’endroit le moins touristique du coin, ou pas loin. L’endroit est terriblement pauvre. Les baraques sont en pierre ou en béton. Certaines ont la chance d’avoir un toit en tuile rouillée, pour les autres, c’est la belle étoile ou le plein cagnard. L’électricité ? Je pense que même pas 2 maisons sur 10 y ont accès. J’ai lu une statistique datant de 2010 disant que seulement 10% de la population avait accès à l’électricité. Je pense que ça a clairement évolué depuis, mais j’imagine que le pourcentage reste aberrant meme en 2021. Ici, dans ce village, nous pouvons constater que quelques maisons ont un câble directement relié sur le toit.

Nous croisons beaucoup de poules et de canards qui ont l’air malade. Des vaches se promènent librement avec des oiseaux qui leur mangent le dos. Pas l’ombre d’un chat ou d’un chien. Rapidement, nous sommes accueillis à coup de « Jumbo » tous les dix pas que nous parcourons. C’est principalement les enfants qui nous font des signes depuis leur maison. Ce sont ceux qui sont trop petits pour être scolarisés. J’ai un gros pincement au cœur. Je n’ai pas pensé un seul instant que nous aurions pu prendre des choses pour eux comme par exemple des stylos ou des jeux. Je me sens tellement coupable. Notre voyage s’est prévu à la dernière minute, je n’ai même pas pensé à amener quoi que ce soit. Sans dire que nous aurions révolutionné le monde, juste peut-être améliorer le quotidien de ses gamins. Bref, la culpabilité m’écrase en traversant le village. Je ne m’attendais pas non plus à quelque chose d’aussi pauvre, et je crois que c’est bien la première fois que j’observe ce genre d’endroit après tous les voyages que j’ai faits.

Il n’y a rien. J’imaginais peut-être trouver un restaurant local, mais même ça, ça demande trop de moyen pour un village comme celui-ci. Quelques gamins nous courent dessus. Tellement chou. Je leur tends les mains pour qu’ils tapent dedans, ce qu’ils comprennent rapidement et le font en souriant. Un petit vient même directement nous tenir les mains. Je le soulève plusieurs fois du sol et il rit systématiquement. Ses habits sont délabrés et il n’a pas de chaussures. Le sourire est là, plus poignant que jamais.

Nous sommes au cœur de la vie quotidienne de cette population. Quelques femmes lavent leur linge dehors au soleil. D’autres s’occupent des fruits, et nous observons même une femme dépecer un poulpe sur une tuile rouillée. Nous voyons plusieurs feux qui servent à brûler les déchets.

La fin du village laisse place à quelques amas de verdure. Une déchèterie s’est improvisée à cet endroit. A l’air libre, à même le sol. Juste à côté, plusieurs vaches semblent souffrir de la chaleur et se calent sur un coin d’ombre à l’abris d’un arbre.

Il n’y a rien après, et nous rebroussons chemin dans ce village aux allures impressionnantes, à des décennies de ce que nous voyons habituellement. J’ai l’impression que nous ne partageons pas le même système solaire. Comment c’est possible qu’il y ait encore des endroits comme ça ? Et j’imagine que c’est loin d’être le pire.

Nous croisons même un gamin qui nous dit « Jumbo, dollar ? ». Et il se met presque à faire les poches d’Aurélien. L’enfant doit tout juste avoir sept ans, et je trouve ça vraiment triste. Ce n’est pas un âge pour faire ce genre de chose. Et d’un autre côté, je ne peux que comprendre qu’ils nous voient comme des banques sur patte.

Nous retrouvons l’hôtel en fin de matinée, et je peine à classer ce que nous venons de vivre. Le luxe dans lequel nous nous trouvons est frappant et presque dérangeant.

Le temps est particulièrement claire et dégagé. Nous n’avons rien de prévu pour le dernier après-midi dans ce coin de l’île. Je passe de la chaise longue, à la piscine et de la piscine à la chaise longue. Nous croquons une morce au restaurant et retournons nous reposer. Je passe une bonne partie du temps à lire, et Aurélien s’éclipse trouver de l’ombre près de l’océan.

Le soir, il y a du tartare de ton et des lasagnes en entrée. Du poisson grillé avec légume en plat principal et du tiramisu. Aurélien troque tout ce qui est poisson, et moi je passe mon temps à nourrir les chats qui rôdent.

Nous rentrons à 22h15 pour se coucher.

Le mur de l’école

Le village

La route principale du village

Aurélien à la plage…

10
Jambiani

J’ai été prise d’une insomnie cette nuit, et j’avoue que le réveil de 8h00 pique un peu. \240Nous prenons un petit-déjeuner express et finissons de paqueter nos sacs à dos. Nous réglons nos comptes avec l’hôtel. Je l’ai trouvé très cher pour ce que c’était et je ne le recommanderais pas. C’est la première fois que je suis contrainte de manger autant au sein d’un hôtel. C’était cher pour le pays et pas assez local à mon goût.

Bref, Aurélien repart plus léger, lester d’une partie de sa bourse. Avec le remboursement en shilling de l’histoire du safari, ça faisait vraiment un nombre impressionnant de billet.

A 9h25, nous quittons l’endroit avec Mr Badru, un chauffeur dont j’ai pris le contact sur Facebook. Ses prix sont corrects. Nous traversons Zanzibar du nord au sud pour 80’000 shillings. Beaucoup de verdures défilent devant nous. Les villages sont les mêmes que ceux que nous avons vu jusqu’à maintenant. Paisibles et délabrés.

Nous atteignons le prochain hôtel à 10h50. J’avais vu que c’était intéressant de faire le nord et le sud afin de pouvoir comparé. Ce que je constate pour le moment, c’est qu’il y a un peu plus de moyen dans le sud avec un côté plus touristique. Les gens restent globalement pauvres et les maisons ont l’air un peu moins craignos.

L’hôtel est immense, et heureusement moyennement occupé. Pour les derniers jours, nous avons voulu faire fort en tapant sur un All Inclusive, qui est étonnement moins cher que l’hôtel que nous venons de quitter.

Je dois dire que l’endroit est plutôt joli, tout en gardant un esprit nature. La réception est protégée par un immense dôme de feuille de cocotier tressé. Depuis cet endroit, il y a un pont en bois qui passe au milieu d’une petite jungle. Des arbres passent au milieu des lames. Le pont s’est construit autour de la nature. J’ai l’impression d’être dans un parc national au Costa Rica. Le chemin déboule sur une immense piscine qui est surplombée par un pont et une plateforme avec chaise longue. Juste là, se trouve le restaurant principal. Nous poursuivons et marchons entre deux bâtiments peint en jaune contenant des chambres. Le passage est étroit. Nous déboulons sur la seconde piscine. Plus petite, avec plus de place pour s’allonger et un bar qui complète le décor. Le sable blanc entoure le bar et un bateau fait office de table et de banc. Une planche de bois et des tables de bar offre un spot parfait sur l’océan. L’océan… je me retiens de jurer, mais dieu qu’il est beau. C’est la marée basse et pourtant les couleurs sont bien différentes de ce que nous avions dans la nord. Le bleu turquoise se détache en bande sur l’horizon. Enivrante, hypnotisante, cette couleur est incroyable.

Nous sommes trop tôt pour le check-out. Nous profitons de boire quelques verres au bar et de tester les nouveaux cocktails. Je commence à avoir sérieusement faim. Nous nous rendons compte qu’il n’y a visiblement rien à manger avant que le restaurant ouvre à 13h00. Je prends mon mal en patience et suis la première à attendre que les portes s’ouvrent devant le bâtiment.

Le check-in se fait dès 14h00. Notre chambre se trouve près de la petite piscine, et nous avons le droit à une terrasse avec deux chaises. Je rêve ensuite de me poser au bord de l’eau. Le manque de sommeil commence à peser légèrement. Il faut dire qu’il y a peu de chaise longue par rapport au nombre de personne. Ça me m’arrête pas vraiment et je pose ma serviette à même la pierre, face à l’océan. La marée remonte gentiment, nous faisant profiter de ses merveilleuses couleurs au plus proche de nous. Nous finissons par avoir deux chaises longues. J’arrive à bout de mon bouquin à la fin de la journée. A 16h00, ils ouvrent l’apéro avec des petites pizzas cuitent au feu de bois qui se valent pas trop mal. Nous restons au bord de l’eau jusqu’à ce que le soleil disparaisse et le sable blanc se fasse manger par l’océan.

La douche ressemble à une vraie douche. Je peux enfin me laver les cheveux correctement et être sous l’eau sans grelotter. Le repas du soir se fait au restaurant. C’est un buffet et la nourriture est plutôt bonne. Nous l’accompagnons d’un verre de vin d’une origine inconnue.

Après le repas, nous avons encore envie de boire un verre. Le bar vers notre chambre est fermé. Nous faisons un stop sur la plage. La marée est basse, nous permettant d’évoluer sur la sable blanc encore humide. Je lève la tête et me perd dans les mille et une étoile qui parsèment le ciel. Soudain, j’aperçois même une étoile filante et fais un vœu. Le vent est particulièrement fort au bord de l’océan, nous rebroussons vite chemin.

Nous partons marcher vers le Jetty Bar, un endroit que nous n’avons pas visité précédemment. Il se trouve du côté est de l’hôtel. Un immense pont en bois, surplombe une partie de l’océan qui s’est maintenant retiré. Des lumières sont accrochées tout le long et donne à l’endroit quelque chose de magique. Au bout, se trouve une grande cahute avec un toit en feuille de cocotier tressé. Il y a pleins d’endroit où se poser : chaise longue, canapé, chaise. Face à l’océan, où a l’abri du vent, tout est possible. Un grand bar en bois, des décorations avec des bateaux, une boussole et de la musique douce, l’endroit fait rêver. Je me demande quand est-ce que c’est le moment le plus beau. Je devine le décor de jour avec les eaux turquoises et ça me semble parfait. Et finalement, quand je regarde la lune se lever et illuminer l’eau, je me dis que la nuit a définitivement un charme inégalable.

Nous veillons plus tard que d’habitude en descendant quelques bieres de plus. Nous retrouvons le chemin de notre chambre un peu avant les douze coups de minuits.

11
Makunduchi District Hospital

Nous faisons une tentative de levage à 6h00 pour regarder le lever du soleil. Depuis la chambre, nous apercevons de gros nuages à l’horizon et renonçons à sortir de la chambre. Nous nous rendormons pour deux heures de sommeil en plus.

Nous prenons le petit-déjeuner et sautons ensuite sur une chaise longue face aux merveilleuses couleurs de l’océan.

A 10h45, c’est l’heure de se rhabiller. Nous troquons nos maillots de bain contre nos vêtements de ville. Nous nous rendons à Makunduchi, un petit village situé à 10 minutes en voiture de l’hôtel.

L’endroit est complètement improbable. Déjà le rendez-vous ne correspond pas à une heure précise, mais à une tranche horaire de 11h00 à 12h00. La salle d’attente se trouve en extérieur, à l’ombre d’un grand arbre. Des chaises en plastique sont réparties sur le terrain et une trentaine de personne attendent déjà. Pole, pole, comme dirait l’autre. Des coqs et poules passent tranquillement à côté de nous.

Nous finissons par être appelés. La salle est petite et nous sommes entassés avec les autres qui ont été appelés. Nous devons remplir un registre à la main avec nos coordonnés et le numéro de nos passeports. Le test est inattendu. Une femme, voilée et masquée, me demande d’ouvrir la bouche. Ok, je n’étais pas prête. Je referme la bouche lorsqu’elle va trop loin et elle n’insiste pas. A ce moment là, je me lève et elle me retient. Nose, dit-elle. Merde. Je n’y échapperai pas. Nous terminons à 12h10 et le taxi de l’hôtel nous attend.

Il y a un défi latant qui traîne depuis une semaine. C’est parti de l’expérience d’Edgar qui a utilisé les services d’un coiffeur africain pour raccourcir sa tignasse. Impossible de passer à côté d’une expérience pareille ! Et Aurélien n’avait que d’autre choix que de subir la même chose. Sauf que jusqu’à maintenant nous n’avons pas eu l’occasion de croiser un coiffeur. Je prends les devants et demande à notre chauffeur s’il y en a un dans le village. Il semble surpris par ma question puis nous dépose devant un petit salon. Des enfants passent par là. « Jumbo » me dit une petite fille voilée en prenant mes mains.

A l’intérieur, il y a deux coiffeurs, deux sièges pour les clients et un immense miroire qui fait la longueur du mur. Le sol est composé de carrelage vieillot et des ventilateurs tournent désespérément au-dessus de nos têtes. Nous sommes accueillis chaleureusement. Je ne peux me défaire de mon sourire qui illumine mon visage et me ferait presque verser une larme d’un rire que je contiens. Cela semble s’agrandir lorsque je croise la mine déconfit d’Aurélien. J’ai l’impression de l’avoir condamné en l’envoyant sur la chaise électrique.

Je prends place derrière eux, sur un banc en carrelage, face au miroir. Le coiffeur semble avoir de la peine avec les cheveux épais d’Aurélien. Ils changent à plusieurs reprises de lame de tondeuse. Pendant ce temps, un black me fait la discussion et j’observe un jeune se faire tondre comme un mouton. L’allégorie me fait sourire. Le coiffeur arrive finalement au bout de la coupe après un xième changement de lame, et finit même par tailler les contours de sa barbe, prestation au top. Cependant, il ne faut pas être pressé, je pense que la coupe a duré presque une heure !! En même temps ici, tout est pole pole et Hakuna Matata.

Nous sortons du salon à 13h15 et nous retournons à l’hôtel pour un repas bien mérité. La suite du programme est la larve sur la chaise longue avec un bon bouquin. Je fais la crêpe jusqu’à 16h00. Nous avons rendez-vous ensuite pour un soin et massage au spa. Le mec de l’hôtel nous harcèle depuis deux jours et a réussi à nous vendre son truc avec une réduction considérable. Nous faisons une heure de soin avec peeling à la noix de coco fraîche, une couverture de mousse, un shampoing et des litres d’eau chaude avec massage. La seconde partie est uniquement un massage avec de l’huile. Je ne suis pas sure de me détendre à 100%, mais l’idée est là.

Une fois sortie, nous voyons que le soleil se couche et nous fonçant au Jetty bar. Waouh. Une boule rouge, en feu, se détache dans le ciel et disparaît progressivement. Nous ne le voyons plus, mais l’horizon s’est teinté d’une lueur rouge-orangé, révélant les cocotiers en premier plan. Nous ne pouvons pas rêver mieux comme décor de carte postale. C’est magnifique. Le tout en sirotant quelques bières, et c’est parfait.

Nous nous rendons au restaurant de l’hôtel à 20h45 pour le repas et retournons directement au Jetty Bar pour la suite de la soirée. Il y de la musique live et une ambiance plutôt bonne avec plusieurs couples qui ont décidé d’enflammer la piste. Les verres s’enchaînent et nous faisons la fermeture du bar à passer minuit.

La salle d’attente

Le bâtiment pour faire le test COVID

Pas du tout rassuré

La fascination

Le Jetty Bar

12
Stone Town

Réveil plutôt matinal puisqu’il est 7h00. J’avale quelques fruits et nous sommes prêts à 8h00 à la réception. Deux chats se battent faisant siffler nos oreilles de leur miaulement. Je ne peux que sourire lorsque je vois la réceptionniste prendre un des chats, le porter à bout de bras et le renvoyer en dehors de l’hôtel. Le félin se laisse balader ainsi, penaud, comme s’il savait qu’il avait merdé. Ça m’amuse encore plus quand je le vois se glisser furtivement dans l’enceinte de l’hôtel une fois libéré. Ni vu, ni connu, ou presque.

De notre côté, nous mettons trente minutes à identifier notre gugus. Tout est tellement pole pole et Hakuna Matata, tellement loin de nos habitudes.

Il faut savoir que j’ai réservé l’histoire via WhatsApp. C’est Lucas et Manon qui m’ont filé le numéro d’Ali Baba, le mec de la plage. Sinon il y avait un deuxième mec, qui se fait appeler Ananas…. Entre Ali Baba et Ananas, mon cœur a balancé.

Bref, nous embarquons dans une voiture aux sièges criants dans les tons violets et oranges. Ali pose tout de suite l’ambiance en poussant le son. Des douces notes de reggae sortent des enceintes du véhicule.

A 9h45, nous arrivons à Stown Town. Cette ville est bien plus grande que ce que j’avais imaginé. Je suis toujours autant fascinée par ces paysages urbains. Ici règne une agitation proche de celle du continent. Une agitation grouillante, un bruit constant, bien loin du calme des plages de sable blanc. Nous passons par la banlieue, qui est très pauvre et délabrée. Un bon nombre de bâtiment ont été abandonné au milieu de leur construction. Ces épaves offrent un décor glauque, enterrant définitivement l’espoir d’être un endroit accueillant. Je suis impressionnée par la simplicité des maisons. Brut. De la pierre brute, sans même une once de peinture, même ici aux abords d’une grande ville. Je laisse mes yeux chercher entre les maisons. Je vois des chemins longs et très étroits. Cela laisse deviner une vie entière qui se cache derrière ces habitations. Quelques grands bâtiments semblent modernes et contrastent violemment avec le reste de la ville. Je peux y lire sur l’un d’eux : « Banque de Tanzanie ». Ceci explique cela.

Ali nous pose devant ce qui semble être un port. Pour moi, c’est juste une bande de sable avec un nombre impressionnant d’embarcation. \240Des gros pétroliers aux petites embarcations à voile locales, la différence est grisante. Nous rencontrons notre guide avec qui nous allons passer une belle partie de notre journée.

Nous grimpons dans un petit bateau à moteur et mettons le cap sur Prison Island. L’île s’appelait à l’origine « Changuu Island » qui est le nom Swahili d’un poisson. Cet endroit était inhabité jusqu’en 1860 où le premier sultan de Zanzibar a offert l’île à deux arabes qui voulaient utiliser l’endroit comme prison pour les esclaves rebels pour ensuite pouvoir les vendre sur le marché de Zanzibar. 30 ans plus tard, Zanzibar devient un protectorat britannique. Le premier ministre britannique chasse les deux arabes dans l’intention de construire une prison pour les criminels récidivistes. En réalité, il n’y aura jamais de prisonnier sur l’île. En 1923, l’île est finalement utiliser pour mettre des malades atteints de la fièvre jaune en quarantaine. Les bâtiments de la prison sont reconvertis comme un hôpital de fortune. L’idée était d’isoler les personnes qui arrivaient par bateau. La plupart de l’année, l’île était vide, car il n’y avait plus d’arrivée au port de Stone Town. En 1919, le gouverneur britannique des Seychelles offre quatre tortues géantes d’Aldabra. En 1955, elles se reproduisent si vite, qu’elles sont désormais 200 ! Malheureusement, l’être humain est ce qu’il est, et de nombreuses tortues sont volées pour être vendues ou utilisées comme animal de compagnie. En 1988, leur nombre a été divisé par deux, soit 100. En 1996, des tortues sont importées sur l’île pour accroître leur nombre et finissent par être officiellement protégées, avec la construction d’un sanctuaire. Aujourd’hui, Prison Island appartient au gouvernement et peut être visité pour quatre dollar.

Nous foulons le sol de la petite île à 10h15. Les couleurs turquoises de l’océan subliment l’endroit. Nous commençons par visiter l’ancienne prison où l’ancien hôpital qui sert aujourd’hui de café/restaurant.

La deuxième partie de la visite est consacrée au sanctuaire des tortues géantes. Waouh. Elles sont tellement belles ! Aussitôt arrivés, nous recevons une poignée d’herbe fraîche. Une grosse carapace nous bloque déjà la route. La maline a compris où il fallait se placer ! Chaque tortue possède un nombre sur sa carapace qui correspond à son âge. La première que je nourris est centenaire ! Elle tend lentement, mais sûrement son long cou ridé et ouvre sa gueule avec assurance. Lorsqu’elle saisit les feuilles, rien ne laisse paraître sa lenteur caractéristique. Elle est vive et engloutit rapidement la verdure. Ces animaux vivent en moyenne 80-120 ans. Jonathan, une tortue géante vivant aux Seychelles, seraient aujourd’hui l’animal vivant le plus vieux du monde avec ses 189 ans, elle serait née en 1832.

Ces tortues sont imposantes et impressionnantes. En effet, elles pèsent entre 200-300 kilos pour les plus grosses. Je prends gaffe à mes doigts et surveille mes pieds. Lorsque je m’asseye au côté de cet animal préhistorique, je suis aussi fascinée qu’émerveillée. J’admire son énorme maison qu’elle transporte en permanence, ses petits yeux doux, sa peau au toucher unique et ses énormes pattes. Je compatis en imaginant l’effort indécent que consiste un simple déplacement. Et pourtant, nous nous rendons rapidement compte que ces tortues ont des caractères bien trempés. Quand elles ont décidé qu’elle partait dans une direction, pas même une feuille leur fait changer d’avis.

Je crois que je pourrais rester infiniment dans cet endroit et observer ces animaux qui ont traversé les décennies et portent leur histoire sur le dos. Nous finissons tout de même par s’en aller, après avoir écumé notre verdure et un millier de photos.

Il est 11h15 lorsque nous entamons le trajet retour jusqu’à Stone Town. Cette ville porte ce nom au vu de la manière dont les premiers bâtiments furent construits, tout en pierre. L’endroit est protégé depuis 2000 à l’UNESCO. C’est une ville incroyable, aux multiples facettes et aux influences diverses et variées.

Nous nous perdons pendant deux heures de temps dans les ruelles étroites de cette ville intrigante. L’endroit pourrait être glauque, mais je m’y sens étonnement bien. Les bâtiments décrépits apportent une touche étrange aux rues que nous traversons. Le reste est tellement vivant à côté ! Je pense à ce vieil homme qui s’excite sur la sonnette de son vélo pour faire déguerpir ses maudits piétons, à ses trois gamins qui complotent dans leur coin, à cette petite fille qui est venu tenir la main d’Aurélien, à ces mômes perchés sur leur vélo, profitant de leur jeunesse et manquant de percuter les gens qui osent croiser leur chemin, à ces femmes portant la tenue de leur religion qui discutent en bas des rues, à ces écoliers qui font tellement de bruit qu’ils en reveilleraient un mort. Un endroit si vivant et si authentique, que j’ai envie de ralentir, carrément de m’arrêter, pour m’imprégner de tout ce que je sens, tout ce que je vois, tout ce que je ressens. Intense.

Je suis une femme, mes genoux et mes épaules sont découverts, et pourtant, je ne sens la pression d’aucun regard. Je suis blanche, et je ne me fais pas harceler à tous les coins de rue, sous prétexte que mon porte-monnaie est plus pleins que le leur. Je me sens juste moi, curieuse et remplie d’envie d’en apprendre plus. Et l’espace d’un instant, j’ai l’impression d’avoir toujours été ici. Un doux mélange d’anonymat et de familiarité.

Nous traversons le marché, qui est ouvert tous les jours de la semaine. J’avoue que cette épreuve est plus complexe pour moi, et donne une belle piqûre de rappel sur notre localisation. La partie poissonnerie et boucherie est relativement traumatisante. C’est à des milliers de kilomètre de ce que nous avons l’habitude. L’odeur du poisson envahit nos narines, les saturant instantanément. Si l’endroit a au moins la décence d’avoir un toit, cela n’empêche pas aux mouches de s’installer sur la nourriture et aux chats d’attendre qu’un bout veuille bien tomber d’une table. Je grimace en trouvant un magnifique poisson coloré, le même que nous avons vu quelques jours plus tôt dans l’océan. La partie boucherie est plus violente encore. Je préfère vivre habituellement dans le déni de cette partie-là, car je sais que cela pourrait suffir à me rendre végétarienne. Je n’ai pas envie de regarder, et en même temps c’est si particulier que c’est difficile d’ignorer l’endroit. Je détourne le regard sur les peaux, avec les poils, qui pendent sur un crochet. Je ne veux pas en savoir plus. Je reconnais du foie posé à même le carrelage. Sur ma gauche, une tête d’agneau décapité, le regard fixe et le pelage au couleur de l’hémoglobine. Un immense couteau repose à côté de ce qu’il reste de la bête. Un homme d’un certain âge, posent ses yeux las sur moi par dessus son comptoir. À droite, un homme en surpoids est assis, pied nu, juste à côté de la viande. Je suis soulagée quand nous atteignons la partie des épices, où nos nez s’imprègnent des doux effluves.

A 13h30, nous quittons Stone Town. Nous sommes affamés ! La prochaine destination est la ferme aux épices. C’est là que nous faisons la pause repas. « Voici le restaurant ! » nous dit le guide. Sous un couvert se trouve une longue table en bois, fine d’une seule planche de large, ainsi qu’un banc d’une même épaisseur. Ils forment un immense carré. Au centre, \240se trouve une grande table, avec le cuistot qui expose fièrement ses grands récipients en plastique. Il nous sert tour à tour. Nous avons droit à du riz épicé avec soin, une sauce aux légumes et à la \240noix de coco, un morceau de poulet, un morceau de poisson, des épinards et de la salade. C’est vraiment délicieux, et le tout est intelligemment parfumé. Je m’en lèche les babines.

C’est là que nous faisons le tour des épices. Rien de très organisé. Il n’y a aucune délimitation, pas de panneau, ni de sectorisation. Nous aurions pu très bien passer ici sans se douter que des gens cultivaient quoi que ce soit. Au fur et à mesure, je prends conscience de mon ignorance. J’ai vraiment aucune idée de la manière dont pousse la plupart des épices que nous utilisons pourtant quasi quotidiennement. Je découvre à quoi ressemble la vanille, le café ou encore le poivre. La honte. J’ai l’impression d’être au même niveau que les américains qui disent que les légumes poussent au supermarché. Notre guide nous coupe un bout d’écorce provenant de l’arbre qui sert à faire la cannelle. L’odeur est épatante. Non loin, un jeune black qui s’occupe de la ferme, monte agilement sur un arbre avec l’aisance d’un singe. Il grimpe à trois mètres afin de piquer quelques feuilles. Le guide nous tend la main et nous montre trois petits trucs rougeâtres. Aucune idée. Des clous de girofle ! J’ignorais l’aspect qu’ils avaient avant d’être séchés. Le jeune black nous a préparé tout un tas d’objet en feuille de palmier. Je suis décorée de boucle d’oreille, d’un bracelet, d’une bague, d’un collier, d’un chapeau, et j’ai même droit à un sac. Aurélien, lui, a juste le droit à une cravate et un chapeau.

Un peu plus loin, nous voyons des plantations d’ananas, de gingembre et même un arbre à banane rouge ! Je ne savais même pas que ça existait. Le fermier nous montre du curry rouge qui se trouve caché à l’intérieur d’une coquille poilue. Là aussi, je n’aurais jamais deviné. Il nous fait une démonstration en écrasant ses doigts dedans et nous montre l’utilité que son peuple en fait. Le colorant est puissant et il possible de se maquiller avec, et même de marquer ses cheveux. Impressionnant.

Nous terminons le tour par ce que j’ai envie d’appeler « un tuto » sur « Comment monter en haut d’un palmier d’une manière rapide, efficace et peu sûre ? ». Un bout de corde enroulé en « 8 » autour des jambes, une musique chantée à tue-tête, un lot de spectateur et une bonne dose de courage, voilà les ingrédients nécessaires à la réussite de cet exploit. L’homme finit par descendre aussi finement qu’il est monté, et nous découpe une noix de coco devant nous. Je n’aime pas ça, mais Aurélien profite d’en manger et de boire l’intérieur. Difficile de faire plus frais. L’atelier d’après, nous mangeons des fruits frais, découpés pour nous, puis nous passons acheter quelques épices avant le retour à notre hôtel. Il est 15h45 et nous arrivons à destination une heure plus tard.

Nous troquons nos habits pour nos maillots de bain et rejoignons la piscine juste après avoir été cherché des bières. Nous retrouvons également Laura et Edgar qui terminent leur séjour dans le même hôtel que nous ! Pile à l’heure pour les petites pizzas apéritives cuites au feu de bois. Laura se retrouve engagée derrière les fourneaux et nous bénéficions de plus de pizza que prévu. Nous leur faisons profiter de notre all inclusive, option qu’ils n’avaient pas pris.

Nous passons à nos chambres respectives afin de prendre une douche et ensuite, nous mangeons tous les quatre au restaurant. La soirée se termine près du bar où quelques femmes effectuent une danse du ventre. Il est 22h00, et nous sommes tous suffisamment fatigués pour aller se ranger.

Cap sur Prison Island

Une école

La vanille

Le cacao

Le poivre

La cannelle

L’arbre à clou de girofle

Curry rouge


C’est le cœur lourd que nous nous réveillons pour la dernière journée en terre tanzanienne. Il est un peu plus de 6h00 lors du premier réveil. L’idée est de refaire une tentative de lever de soleil. Aurélien part de la chambre, moi je n’ai pas l’envie de m’habiller décemment. En réalité, notre terrasse donne directement sur la piscine qui donne elle-même sur l’océan et sur le lever du soleil. Je m’installe donc sur la terrasse pour observer l’immense boule orange qui apparaît à l’horizon. Aucun reflet rendant le ciel beau, juste la luminosité improbable du soleil en lui-même.

Nous nous rendormons jusqu’à 8h30 et partons ensuite prendre un petit déjeuner. L’étape d’après consiste en la préparation de nos sacs à dos, et nous effectuons par la même occasion le check-out. Nous nous rendons au bord de la piscine avec une bière, même si le cadran indique à peine 10h00. Je me rends compte qu’une partie de ma peau, près de mon aisselle, cloque. Le coup de soleil que j’ai pris à cet endroit est plus violent que prévu. A 10h30, nous recevons nos tests Covid par mail. Ils l’ont fait ! J’avais vraiment peu confiance. Je suis amusée de constater que l’heure de prélèvement est complément faux. Nous avons été testé le 26 août vers 12h00, et le certificat annonce le 27 août à 22h08. Hakuna Matata.

Après que la soleil ait atteint le zénith, nous nous rendons sur l’océan pour faire quelques photos alors que la marée est basse. Nous marchons à environ 200 mètres de la côte, et il n’y a personne. Un de nos défis consiste à faire une photo cul nu, face à l’eau, pour un côté exotique et un côté funky. Alors ça, c’était la théorie. Sur la papier, ça marche aussi, sauf que le temps d’effectuer les dites photos, mon maillot de bain, que j’avais posé dans une eau peu profonde, s’est fait la malle. Littéralement. Et malgré tous nos efforts, impossible de le retrouver. C’est là que je remarque à quel point le courant est fort même si le niveau de l’eau est bas. Fou rire garanti, nous n’avions vraiment pas prévu ça. Aurélien est envoyé en mission d’urgence pour rapatrier des fringues, et moi, je barbote en tenue d’Eve dans l’eau chaude aux couleurs turquoises. A ce moment-là, le temps est long et j’ai tout le loisir de réfléchir au sens profond de la vie, en plus de rire de ma bêtise. L’instant est si improbable. J’avoue prier pour qu’aucun touriste ne vienne se promener et qu’aucun massaï ait la bonne idée de pêcher près de là où je me cache. Aurélien arrive finalement tel un sauveur, et nous repartons sur la terre ferme en riant. Aucun signe de mon maillot de bain aux alentours.

Nous nous rendons au restaurant pour un dernier repas et faisons un tour de la boutique de l’hôtel à la recherche d’une tenue d’eau. Je trouve mon bonheur et l’après-midi se poursuit, ni vu, ni connu. Nous croisons Laura et Edgar qui effectue le check-out à 14h30. Leur vol est prévu presque en même temps que le nôtre, sauf qu’ils décollent depuis Dar es Salaam.

Le temps défile à toute vitesse au point que j’ai l’impression de ne pas en avoir profité. Lorsque les derniers rayons du soleil chauffent nos peaux, nous profitons une dernière fois des petites pizzas avec une bonne bière. Nous partons ensuite nous changer et craquons pour un dernier verre au Jetty Bar pour admirer les lueurs du jour sur les palmiers.

Mr Badru, le chauffeur que nous avons eu quelque jours plus tôt pour nous transférer du nord au sud, nous attend à la réception à \24019h10. Time to go. Et j’avoue que ça m’emmerde un peu, je n’aurais pas cracher sur un jour de plus dans ce petit coin de paradis.

Le trajet s’effectue de nuit et j’hallucine du nombre de personne aux bords des routes alors que nous ne voyons pas plus que deux mètres devants. Nous croisons un Dala Dala, un bus local, et je dois regarder deux fois pour me rendre compte que quatre adultes sont accrochés, par la force du seigneur, à l’arrière du véhicule. Je suis d’autant plus choqué, lorsque le compteur du taxi indique 55 km/h. Ça paraît surhumain, et je trouve ça flippant.

Nous arrivons à l’aéroport à 20h30 sans avoir tué qui que ce soit, ce qui me paraît être un exploit en soit. Nous perdons beaucoup de temps à l’entrée de l’aéroport, car nous devons montrer notre réservation et nos passeports. Après cela, nous devons scanner tous nos bagages. L’aéroport est tout petit. Il y a deux guichets qui se courent après pour Qatar Airways et la queue est déjà infiniment longue. Une fois arrivée au bout, le mec nous dit qu’il ne peut rien faire tant que nous n’avons pas nos tests Covid imprimés sur papier et tamponné par un médecin. Je m’énerve et lui demande si nous allons devoir refaire la queue. Il nous dit que non. Nous nous faisons amener au guichet \240« Contrôle des passeports éthiopien ». Le type nous dit qu’il va nous imprimer les papiers moyennant une contribution. C’est sûr que quand c’est marqué partout que les pourboires sont interdits, il faut bien appeler ça autrement. Une fois notre précieux sésame tamponné, nous retournons au guichet et finissons par avoir nos billets. Nous devons encore une fois remplir un formulaire d’immigration et passer la douane. Je remarque que le douanier tamponne uniquement mon billet d’avion et non mon passeport. Après hésitation, je lui demande s’il peut le tamponner. Il semble surpris, et comprends ensuite la raison, lorsque je lui donne mon passeport et qu’il voit les multiples tampons déjà présents. Il s’exécute et me fait un grand sourire en disant qu’il avait oublié. Je le remercie en swahili et il semble encore plus surpris et content. Il me demande si je parle la langue, je mime “un petit peu” avec les doigts. Je me rends compte à quel point les locaux n’ont pas forcément l’habitude que les touristes se donnent cette peine. La plupart d’entre eux parle anglais par facilité.

Bref, un dernier échange plutôt sympathique avant de passer l’unique portillon de sécurité. Il y a trois portes d’embarquement et je me dis que c’est assez dingue d’avoir des vols internationaux ici. Nous passons en revue les deux boutiques présentes et embarquons vers 22h30. L’avion, un Boeing 787, est plein à craquer. Nous quittons définitivement les terres tanzaniennes à 23h30. Au-dessous de nous, la ville est éclairée de milliers de toute petite lumière qui me donne l’impression de regarder le ciel.

13
Zurich

Nous atterrissons à Doha à 4h35, soit une heure avant l’heure marquée sur la réservation. Je pense avoir réussi à gratter une heure de sommeil, et probablement pas une de plus.

Le Boeing est au milieu du tarmac, il nous faut prendre un bus afin de rejoindre le bâtiment principal. La nuit est toujours présente, et nous sommes frappés par la chaleur écrasante. Il fait plus de 33° alors qu’il n’est même pas 5h00.

Nous faisons un arrêt à Harrods, je rêve d’un délicieux thé. Aux alentours de 5h30, nous sommes rejoins par Edgar et Laura. Ils avaient un vol qui partait cinquante minutes plus tard que le nôtre, mais à Dar es Salaam, tandis que nous sommes partis depuis Zanzibar. C’est étrange de voir ponctuellement depuis deux semaines ses amis de voyage. Nous sommes motivés à se revoir dans nos pays respectifs, en Suisse ou au Luxembourg. Et seul l’avenir nous diras si cela se fera vraiment.

Nous passons un bon moment ensemble jusqu’à 7h15, l’heure de faire nos adieux, alors que nos routes se séparent.

L’Airbus finir par décoller à 9h00, et il n’est pas complet. Le trajet passe plutôt rapidement et nous arrivons à Zurich à 13h45 heure locale.

C’est tout un chenit pour passer la douane où je me fais refouler par les guichets électroniques. Nous récupérons nos bagages et je souffle enfin. Je craque pour un petit burger au McDo au passage et nous sautons inextremis dans le train de 14h48 qui nous ramène à la maison. C’est officiellement la fin des vacances, et le ciel gris témoigne de notre humeur actuelle.



Conclusion : J’avais déjà envie de souligner le fait que je suis vraiment étonnée que tout se soit si bien déroulée au vu de l’organisation de derrière minute. Nous avons prouvé qu’il est possible de réaliser ce genre de voyager en vraiment peu de temps. Nous n’avons pas eu de catastrophe ces deux dernières semaines, ni même eu la tourista, ce qui est plutôt étonnant vu le pays. Merci à l’anticipation des médicaments qui a bien aidé. Je suis également très surprise de dire qu’en deux semaines, je n’ai vu aucun insecte dégoûtant. Aucun cafard à déplorer, ni scorpion, araignée et j’en passe. Un gros point positif pour moi !

Pour revenir sur l’essentiel, ça restera un de mes plus beaux voyages. Et d’ailleurs, la Tanzanie est mon quarantième pays, ce qui en fait automatiquement un endroit spécial. Ça a été à la hauteur de mes espérances, et même au-delà. La nature et la diversité de la faune est incroyable. Nous avons vécu des moments magiques à observer les animaux de la savane, et pour moi, c’est un rêve qui s’est concrétisé. Pas besoin de revenir sur le contraste surprenant des villes, autant par les habitants que par les paysages, sur les trésors que regorgent le pays, ou encore sur les sublimes couleurs de l’océan. Nous avons été gâtés. Les locaux sont d’une gentillesse que j’ai rarement pu observer, ce qui rend le pays encore plus riche, à défaut de l’être au sens monétaire du terme.

Au niveau des conseils que je pourrais donner… prendre des stylos et jeux pour les enfants, ils en sont vraiment demandeurs, s’équiper correctement en cas de froid, nous avons été surpris de ce côté là, et prévoir le nécessaire en terme de médicament. Pour terminer, au niveau des safaris, il est important de passer par une agence qui organise directement le séjour et qui dispose elle-même de véhicule et de guide. Il ne sert à rien de prendre les premiers prix. Pour quatre journées de safari, tout compris, avec logement en tente, nourriture, entrée des parcs et nuit d’hôtel la veille du début du safari, il faut compter au minimum 700-800 dollars par personne. Il peut être intéressant de regarder la distance qui sépare les parcs. Nous avons fait énormément de route, et sur des routes vraiment mauvaises. Ceci dit, je n’ai aucun regret, car les trois parcs que nous avons fait étaient complètement différents.

Au Tarangire, nous avons eu la chance de voir énormément d’animaux, presque toutes les cinq minutes de route. Les éléphants sont omniprésents. Les paysages sont aussi très riches en terme de savane et d’arbre.

Au Serengeti, je suis contente d’y être allée juste pour l’endroit qui a inspiré le roi lion. Plus sérieusement, l’endroit est immense, avec des grandes plaines de rien, ce qui rend plus difficile l’observation des animaux. Il faut rouler bien plus pour avoir la chance d’en observer. Ceci dit, nous avons vu énormément de lions et lionnes actifs, des léopards et beaucoup de girafes. Entendre le cri du lion en plein milieu de la nuit dans les tentes est une expérience incroyable.

Et finalement, le Ngorongoro est plus montagneux avec des paysages bien plus verts. Il est plus grand que le Tarangire, et bien moins grand que le Serengeti. Nous avons vu beaucoup de diversité d’animaux. Il y a peu de fauve. En revanches, les gnous, gazelles, hippopotames, buffles sont là à profusion. Il y a également pas mal d’éléphants et avec un peu de chance, c’est un bon endroit pour observer les rhinocéros.

Niveau prix, j’ai toujours entendu que c’était le genre de voyage hors de prix. En prenant la peine de tout organiser soi-même, c’est largement faisable. Nous avons dépensé un peu moins de 3’000.- par personne, incluant billet d’avion, hôtels, safari, nourriture, test Covid, médicaments et vaccin, jumelles, massage, souvenirs. Et encore, nous aurions pu prendre des hôtels encore moins chers pour la fin du séjour.

En d’autres mots : foncez !